Le canular de Dahan crée la polémique

Alexandre Sulzer avec AFP

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Gérald Dahan a raconté sur la radio avoir "piégé" la candidate à la présidentielle, après avoir piégé auparavant entre "cinq et dix personnes" de son entourage pour pouvoir lui parler.
Gérald Dahan a raconté sur la radio avoir "piégé" la candidate à la présidentielle, après avoir piégé auparavant entre "cinq et dix personnes" de son entourage pour pouvoir lui parler. — Jean-Pierre Müller AFP/Archives

Quelle plaisanterie était du plus mauvais goût? Celle de l’imitateur Gerald Dahan qui a piégé Ségolène Royal en se faisant passer pour le Premier ministre québécois ou la réponse de la candidate socialiste qui a assuré, en rigolant, que «les Français ne seraient pas contre» l’indépendance de la Corse?

La polémique gonfle vendredi depuis la diffusion dans certains médias d’extraits du canular téléphonique. Si le conseiller de Ségolène Royal, Jack Lang, a pris la chose avec bonne humeur, saluant «l’humour» et «le talent de Gerald Dahan», d’autres politiques se sont énervés. Ainsi, le député-maire PRG de Bastia, Emile Zuccarelli, a évoqué une «provocation» de l’humoriste: «Les positions de Ségolène Royal sur la Corse sont connues et elle les a clairement exprimées lors de sa visite à Bastia l’été dernier. Pour elle comme pour moi, la Corse fait, évidemment, partie intégrante de la République».

Nicolas Sarkozy a, lui, mis en cause les propos de Ségolène Royal. «Si c’est une plaisanterie, elle est de mauvais goût», a lancé le ministre de l’Intérieur. «Moi qui aime beaucoup la Corse, et qui ai souvent dit que les Corses étaient victimes des terroristes et de la lâcheté des poseurs de bombes, je suis consterné. C'est une méconnaissance ou une incompétence», s’est énervé le ministre qui avait invité en décembre 2005 Gerald Dahan à se produire lors de l’une de ses réunions politiques. Nicolas Sarkozy, lui-même, avait été la cible d’un canular, pour le coup bon enfant, de la part du comique qui s’était fait passer pour son ami Pierre Palmade.

Le véritable Premier ministre québécois, Jean Charest, a fait savoir, quant à lui, depuis le forum de Davos, qu’il n’avait pas cherché à joindre Ségolène Royal et qu’il ne lui avait donc pas parlé. Et s’est dit «surpris» d’avoir entendu la candidate socialiste annoncer publiquement mercredi soir le contraire, juste avant son meeting dans l’Allier.