Coups tordus en série entre Royal et Sarkozy

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La bataille entre la candidate du PS et celui de l'UMP prend un tour nauséabond. Au coeur d'un nouvel affrontement, une enquête menée par les Renseignements généraux sur un membre de l'équipe de Ségolène Royal, l'ancien directeur de Greenpeace Bruno Rebelle. Les RG ont admis hier l'existence d'une fiche le concernant, actualisée « automatiquement et sans ordre » lorsqu'il a rejoint l'équipe de la candidate socialiste. Après le Canard enchaîné mercredi, Le Parisien a affirmé hier le contraire. Selon le quotidien, « un membre du cabinet de Nicolas Sarkozy » a commandé cette enquête, au demeurant infructueuse.

Les conséquences sont nombreuses. Sur le terrain judiciaire, Bruno Rebelle a déposé hier une plainte contre X au TGI de Paris pour « atteinte à l'intimité de la vie privée ». Sur le terrain politique, Ségolène Royal a dénoncé « l'organisation d'attaques généralisées sur tous les plans, y compris sur [sa] vie privée » et François Hollande a parlé d'« affaire d'Etat ». Jean-Pierre Chevènement a réclamé la démission du ministre, histoire de relancer la polémique sur le cumul de sa fonction au gouvernement avec celle de candidat à la présidentielle. Nicolas Sarkozy n'avait-il pas indiqué en juin 2005 être de retour Place Beauvau pour « contrôler les officines », affirmation qui lui revient aujourd'hui comme un boomerang en dépit de ses dénégations : « Je n'ai rien commandé, j'ai autre chose à faire » a-t-il soutenu hier.

Signe que l'affaire a fait monter la tension d'un cran, les salons feutrés du Sénat ont été le théâtre d'une altercation rarissime. Un huissier a dû s'interposer entre le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon et le ministre sarkozyste Brice Hortefeux. Ce dernier venait d'accuser le parlementaire socialiste d'être à l'origine des informations diffusées par la presse.

Les candidats promettaient une campagne « projet contre projet ». Mais après les affaires du patrimoine de Ségolène Royal, – largement sous-évalué par la candidate selon Le Point d'hier – et des RG, ce sont surtout les coups tordus qui pleuvent.

Stéphane Colineau

La cote de François Bayrou décolle en ce début d'année. Un sondage BVA-Orange le crédite de 13 % d'intentions de vote (+5 points). Le candidat a sauté hier sur l'affaire des RG pour renvoyer PS et UMP dos à dos. « C'est indigne d'une démocratie, ça fait vingt-cinq ans en France que les moyens de l'Etat sont utilisés pour des fiches, du chantage. » François Bayrou a aussi accusé l'UMP de vouloir « acheter » ses amis centristes, en réaction à la décision d'élus UDF, dont Christian Blanc, de soutenir Nicolas Sarkozy.