La fiche des RG qui vire à l'aigre

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Le Sénat se saisit à partir de jeudi du projet de loi pour l'égalité des chances, adopté sans vote à l'Assemblée, et dont le dispositif le plus controversé est le Contrat Première Embauche (CPE), avec une inconnue quant à l'attitude de l'UDF.
Le Sénat se saisit à partir de jeudi du projet de loi pour l'égalité des chances, adopté sans vote à l'Assemblée, et dont le dispositif le plus controversé est le Contrat Première Embauche (CPE), avec une inconnue quant à l'attitude de l'UDF. — Pascal Pavani AFP/Archives

L'existence d'une fiche des RG au nom de Bruno Rebelle, ex-directeur de Greenpeace France, actualisée «automatiquement, et sans ordre» lorsqu'il a rejoint l'équipe de campagne de Royal n'est pas encore une affaire d'Etat mais elle tourne au pugilat et relance le débat sur la qualité de la campagne et la double casquette du ministre - candidat.

Clash Hortefeux – Mélenchon au Sénat. Jeudi, lors de la séance des questions au Sénat, Jean-Luc Mélenchon interpelle le gouvernement sur cette affaire, s'adressant au Premier ministre Dominique de Villepin, présent au Sénat: «nous voulons une campagne propre et nous vous demandons de nous en répondre». Brice Hortefeux, ministre des Collectivités territoriales et proche de Nicolas Sarkozy dénonce alors une «ficelle un peu grosse» et accuse le sénateur PS d'alimenter la presse avec des informations sur l'entourage de Ségolène Royal.

Le sénateur de l’Essonne se précipite vers le ministre sur le banc du gouvernement, criant qu'il «ne laissera pas passer ça», ce qui oblige un huissier à s'interposer.



«Ce gouvernement aujourd'hui perd les pédales lorsqu'on lui pose la question des responsabilités dans la mise en oeuvre des moyens de l'Etat au profit du candidat Sarkozy», a déclaré Jean-Pierre Bel, le président du groupe socialiste. «La brutalité avec laquelle a répondu le ministre Hortefeux, par ailleurs de l'entourage très étroit de Nicolas Sarkozy, va plutôt dans le sens de ceux qui s'interrogent pour savoir s'il s'agit là d'une véritable affaire d'Etat».

Bayrou juge l'affaire «indigne d'une démocratie normale». «Ça fait 25 ans au moins que c'est comme ça en France», a dénoncé le candidat UDF après avoir refusé, la veille d’entrer dans le débat. «Les moyens de l'Etat sont utilisés pour tout ce qui est glauque, pour faire des fiches, du chantage aux gens, avoir des dossiers sur eux». «Les réseaux, l'utilisation des moyens de l'Etat, les écoutes téléphoniques, PS et UMP les ont utilisés les uns après les autres», a-t-il ajouté. «Nicolas Sarkozy utilise les moyens de l'Etat pour faire campagne, en tant que ministre de l'Intérieur. (…) Si je suis élu président, il y aura une révolution, il y aura une République honnête, sans réseau, mafia, influences souterraines, qui ne sera pas au service de certains intérêts», a-t-il promis.

Chevènement veut la démission de Sarkozy. L’ancien ministre de l'Intérieur a appelé l’actuel locataire de la place Beauvau à quitter le ministère de l'Intérieur même s'il n'a pas commandé d'enquête aux Renseignements généraux sur l'entourage de Ségolène Royal. «Je veux bien croire que le cabinet de M. Sarkozy n'a pas demandé une note sur tel ou tel membre de l'entourage de Madame Royal, mais là n'est pas le problème : les services devancent toujours ou croient devancer les désirs du ministre», a affirmé à l'AFP le maire de Belfort, qui soutient la candidate socialiste. Le socialiste Bruno Le Roux a estimé qu’il y avait «une confusion extrême, une utilisation des moyens de l'Etat, dans ce qu'ils ont de plus détestables, (…) pour essayer de soulever des rumeurs (…)». Peu avant le porte-parole du PS, Julien Dray avait dénoncé des «pratiques inacceptables».

Mais Nicolas Sarkozy qui a réaffirmé n'avoir «pas commandé» d'enquête sur l'entourage de sa rivale assure qu’il ne quittera pas son ministère.

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