Condamné pour ses propos sur les harkis, Frêche fait appel

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Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, "en congé" du Parti socialiste, a affirmé, vendredi à Perpignan, faire "confiance à Ségolène pour être élue (...) parce qu'elle s'est débarrassée de tous les éléphants".
Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, "en congé" du Parti socialiste, a affirmé, vendredi à Perpignan, faire "confiance à Ségolène pour être élue (...) parce qu'elle s'est débarrassée de tous les éléphants". — Raymond Roig AFP

Georges Frêche, le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, a été condamné jeudi à 15.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Montpellier, pour avoir traité des harkis de «sous hommes», en février 2006.

Le 11 février à Montpellier, lors d'une cérémonie d'hommage à un ancien porte-parole de la communauté pied-noir, Georges Frêche s'en était pris à des membres de la communauté harkie qui avaient participé le même jour à une manifestation de l'UMP: «Vous êtes allés avec les gaullistes (...). Ils ont massacré les vôtres en Algérie et encore, vous allez leur lécher les bottes! (...) Vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur!», avait-il lancé.


Le 30 novembre, le procureur Olivier Decout avait requis une amende de ce montant à l'encontre de M. Frêche, mis en examen pour «injures envers un groupe de personnes en raison de son appartenance ethnique, raciale ou religieuse».

L'avocat du président de région Me André Ferran qui avait plaidé la relaxe a immédiatement indiqué qu'il allait faire appel de la décision du tribunal et si besoin, aller en cassation, voire devant la Cour européenne des droits de l'Homme.
«Nous irons jusqu'à l'extrême limite de la procédure républicaine», a dit l'avocat, selon qui le procès n'a pas été «équitable».
Georges Frêche qui n'était pas présent lors du délibéré du tribunal a également été condamné à la publication du jugement dans six revues, à titre de peine complémentaire.
En novembre dernier, Georges Frêche avait provoqué un tollé. En cause, ses propos sur l'équipe de France de football: il avait regretté que la sélection des Bleus compte «neuf blacks sur onze». Selon lui, «la normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre». Avant d’en déduire que «les Blancs sont nuls».