François Bayrou et Jean-Marie Le Pen en troisièmes hommes

J. H.

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François Bayrou – Il est battu à Pau
François Bayrou a reconnu sa défaite.sa défaite à «300 voix près, soit 1% des suffrages». Plus de détails ici...
François Bayrou – Il est battu à Pau François Bayrou a reconnu sa défaite.sa défaite à «300 voix près, soit 1% des suffrages». Plus de détails ici... — Martin Bureau AFP/Archives

La star des sondages de la semaine? Sans conteste le troisième homme. Selon la dernière étude Ipsos effectuée ce week-end, ce sont en effet François Bayrou et Jean-Marie Le Pen qui enregistrent les meilleurs scores chez les sondés. Avec un point de mieux que lors de la précédente vague, les candidats UDF et du FN continuent leur progression.

Alors que dans le même temps, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy glissent. «Le congrès d'investiture du candidat UMP n'a vraisemblablement pas créé de dynamique en faveur du ministre de l'Intérieur et Ségolène Royal semble payer les désaccords au sein du PS en matière de fiscalité ainsi que les dysfonctionnements dans son équipe de campagne», explique ainsi Federico Vacas, directeur d'études d’Ipsos Public Affairs.

Le trou d’air dans la campagne de la candidate socialiste est confirmé par un sondage BVA effectué aux mêmes dates. Avec -8 points, la chute de Royal est cependant plus marquée que dans le sondage Ipsos (-3 points). Sarkozy, là encore, n’en profite guère puisqu’il perd 1 point par rapport à la précédente vague. En revanche, François Bayrou cartonne avec un bond de cinq points, devançant Le Pen qui engrange encore un point.

Même score pour le candidat de l’UDF dans le sondage Ifop réalisé quelques jours avant les deux autres: il passe de 8% à13% (+5 points) dans l'hypothèse incluant la candidature de Chirac. Et devance, avec 12,5% des voix, Le Pen sans la candidature du chef de l’Etat.

Stratégie et défections
A quoi attribuer l’embellie centriste ? Pour l’UDF Gilles de Robien, qui conteste la stratégie présidentielle de François Bayrou, elle s'explique «sans aucun doute» par sa «protestation continuelle». «Rouspéter, hurler avec les loups», cela «rend populaire», a commenté sur RTL le ministre de l'Education nationale, qui n’a cependant toujours pas choisi pour qui il allait voter le 22 avril.

A la différence du député apparenté UDF Christian Blanc, ancien PDG de la RATP et d'Air France, qui a «décidé de soutenir Nicolas Sarkozy». Blanc n'est pas le premier parlementaire UDF à préférer Nicolas Sarkozy à François Bayrou.

Malgré ces défections, Bayrou, qui se pose en candidat antisystème, se croit donc en passe de réussir son pari d’être le candidat surprise comme Chirac en 1995 et Le Pen en 2002.