«Plusieurs poids lourds ont circulé malgré l'interdiction»

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En langage administratif, on parle d'opération « viabilité hivernale. » Dès les premiers flocons, les pouvoirs publics et les sociétés d'autoroutes tentent d'éviter les « naufragés des neiges », comme les 6 000 automobilistes bloqués dans leurs voitures sur l'A6 dans l'Yonne, mardi et une partie de la nuit jusqu'à hier.

Théoriquement, du 15 novembre au 15 mars, les différents acteurs renforcent leurs moyens d'intervention et instaurent des systèmes d'astreintes. Mais pour le blocage de mardi, « nos réactions ont été perturbées par les alertes météo », reconnaît Raymond Fèvre, directeur technique des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR) qui exploitent le réseau. « Météo France nous a annoncé des chutes de neige pour lundi 22 h, mais il n'est tombé que de la pluie. Du coup, on a différé nos décisions. » APRR a demandé l'interdiction de circulation des poids lourds « aux alentours de 8 h mardi matin, et la préfecture a donné son accord vers 10 h », explique Raymond Fèvre. « On a réagi aussi vite qu'on a pu, précise Laurent Hottiaux, secrétaire général de la préfecture de l'Yonne. Mais plusieurs poids lourds ont circulé malgré l'interdiction. »

Dans ce type de crises, le temps de réaction préfectoral est décisif. « L'inertie administrative nous fait perdre parfois quelques heures précieuses », confie Pascal Roudier, des Autoroutes du Sud de la France, reconnaissant que « la décision n'est pas toujours facile, si on interdit trop tôt, on perd toute crédibilité ».

Principales cibles de ces mesures : les poids lourds. « Un camion qui se couche en travers de la chaussée non seulement bloque les voitures suivantes, mais en plus, empêche les secours d'intervenir et les chasse-neige de déblayer », explique Raymond Fèvre.

B. B.