Montebourg puni pour humour déroyal

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Ça ne rigole pas au PS. Ségolène Royal a suspendu hier de ses fonctions de porte-parole de sa campagne, Arnaud Montebourg, auteur d'une raillerie contre François Hollande, premier secrétaire du PS et compagnon de la candidate. Invité mercredi soir sur Canal+, le député de Saône-et-Loire a répondu à une question sur les défauts de Ségolène Royal : « Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut, c'est son compagnon. » Avant d'ajouter : « C'était pour rire. »

Un humour que n'a pas partagé la socialiste. Montebourg a proposé hier matin sa démission, regrettant que ses « propos à vocation humoristique » aient été « malheureusement mal interprétés ». Ségolène Royal a préféré la punition à l'exclusion, en le suspendant durant un mois. L'intéressé n'a pas souhaité réagir. « Je lui ai dit que ses propos étaient déplacés », a-t-elle déclaré, ajoutant que « quand le moment vient, je rétablis l'ordre juste », un de ses slogans de campagne.

Ce nouvel incident intervient alors que la campagne de la candidate socialiste connaît quelques secousses, avec des sondages en baisse et des critiques contre sa méthode. Hier, ses partisans ont tenté de calmer le jeu. « L'incident est clos », a déclaré François Hollande. Pour François Rebsamen, numéro 2 du PS, « des incidents de campagne, on en aura d'autres ». 

En revanche, le camp sarkozyste s'en est donné à coeur joie. Le député UMP Dominique Paillé a jugé que « le jeune élève Montebourg s'est fait taper sur les doigts par la maîtresse. La prochaine fois, il aura droit à l'internement en camp militaire. » Son collègue Thierry Mariani a regretté que « la sanction ne soit appliquée avec rapidité que si elle vise la famille Royal », alors que « lorsque des hommes du PS traitent les harkis de sous-hommes ou tiennent des propos racistes sur l'équipe de France (...), la candidate Royal ne réagit pas », faisant référence à l'affaire Georges Frêche (lire aussi ci-dessous).

B. Bonnefous

Durant la campagne sur  le référendum européen, Montebourg avait attaqué Hollande en dénonçant  la « lâcheté » du « oui ». Terme retiré à la demande du premier secrétaire.