Les infections nosocomiales reculent en France

avec AFP

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Le Nord/Pas-de-Calais est la région française la plus affectée par les cancers, un fléau surtout lié à celui de la précarité, la surmortalité avant 65 ans y dépasse presque de moitié la moyenne nationale et s'envole dans certaines poches de pauvreté, selon les autorités sanitaires.
Le Nord/Pas-de-Calais est la région française la plus affectée par les cancers, un fléau surtout lié à celui de la précarité, la surmortalité avant 65 ans y dépasse presque de moitié la moyenne nationale et s'envole dans certaines poches de pauvreté, selon les autorités sanitaires. — Mychèle Daniau AFP/Archives
La fin de la psychose? Plus de la moitié des établissements de soins ont progressé dans la prévention des infections nosocomiales et la proportion des mal notés s'est réduite à 3%, contre 6% auparavant, selon la deuxième édition d'un classement officiel rendu public jeudi par le ministère de la Santé.

Selon Xavier Bertrand, ministre de la Santé, il ne s'agit pas d'un «palmarès» des hôpitaux et cliniques rangés selon le nombre d'infections contractées chez eux, mais d'un outil de comparaison ou «tableau de bord» accessible au public.

Chaque année, 750.000 personnes sont touchées par ces infections et 4.000 en meurent . Or, près de 30% de ces infections seraient évitables, selon un rapport parlementaire.

CHR de Lille en tête

Ce 2e «tableau de bord» introduit deux nouveaux indicateurs : la consommation de produits désinfectants pour les mains (indicateur ICSHA) et la surveillance des infections du site opératoire correspondant à la zone d'incision chirurgicale sur le corps du patient (indicateur Surviso). Il porte sur 2005 et 2.809 établissements, dont 74 ne jouant pas le jeu, n'ont pas répondu.

«Ils devront justifier leur absence de réponses. S'il y a un problème de sécurité, je n'hésiterai pas à demander la fermeture de certains services», commente Xavier Bertrand, ministre de la Santé dans L'Express. L’hebdomadaire publie d’ailleurs le classement 2007 des hôpitaux les plus sûrs, mettant en tête le CHR de Lille de 72 CHR-CHU (grands hôpitaux régionaux et universitaires).

En prenant l'indice ICALIN (31 critères d'activité de lutte contre ces infections nosocomiales), au final, 32,3% (908) établissements sont classés en catégorie A, 31 % (870) en B, près d'un quart (693) en C, 6,6% (184 en D et 2,8% (80) en bas de l'échelle, en catégorie E. La comparaison des résultats ICALIN 2004 et 2005 montre que 56,4% des établissements ont progressé d'au moins une catégorie. La proportion des mal notés (E) s'est réduite à 2,8% en 2005 contre 5,8% en 2004. Celle des établissements n'ayant pas répondu (F) est descendue à 2,6% contre 14,3% en 2004.

Moins de staphylocoque doré

Les infections nosocomiales «tendent» donc à diminuer en France, comme le confirme une autre grande enquête nationale réalisée en juin 2006 et dont les résultats préliminaires sont également publiés ce jeudi par l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Selon cette enquête, réalisée un jour donné en juin 2006 auprès de 2.337 établissements de santé, publics ou privés, la France a une prévalence (proportion) de 4,97% d'infections nosocomiales. Un taux comparable à celui des autres pays européens.

La diminution des infections nosocomiales est davantage marquée pour le staphylocoque doré (-4%), une des bactéries les plus fréquentes qui a notamment valu à Guillaume Depardieu l'amputation de sa jambe en 2003. Le staphylocoque doré est résistant à l’antibiotique méticilline (SARM).

La proportion de patients infectés par des maladies nosocomiales en 2006 en France se situe donc dans les limites basses de celles observées (4,9 à 8,5%) lors d'autres enquêtes européennes depuis 2000, selon l’InVS. Mais le nombre de patients infectés varie selon le type d'établissement, de service et l'état et l'âge du patient. Il est ainsi plus élevé dans les CHU, les centres anti-cancéreux et en réanimation, chez les patients âgés, atteints de graves maladies, opérés ou intubés ou porteurs de sonde urinaire.

Un site Internet permet d'accéder aux détails des établissements par département: www.platines.sante.gouv.fr (plate-forme d'information sur les établissements de santé).