Sarkozy, candidat de l'UMP pour une «France réunie»

JH, avec AFP

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L'UMP a dépensé environ 3,5 millions d'euros pour cette manifestation aux allures de show, affrétant huit TGV et 520 cars pour amener les participants, venus de toute la France.
L'UMP a dépensé environ 3,5 millions d'euros pour cette manifestation aux allures de show, affrétant huit TGV et 520 cars pour amener les participants, venus de toute la France. — Olivier Laban-Mattei AFP

Nicolas Sarkozy s'est posé en rassembleur de «tous les Français sans exception», lors de son premier discours de candidat à l'élection présidentielle, lors du congrès de l'UMP qui l'a intronisé dimanche à 98,1% de votes favorables (pour un peu moins de 70% de votants). A la tribune pendant près de 80 minutes, le candidat a d’abord rendu hommage à l'actuel président de la République - «Je veux dire mon respect à Jacques Chirac qui, en 1975, à Nice, m'a offert l'opportunité de mon premier discours.»

Références
Puis il a nommé les références qui «font» sa France, couvrant large et convoquant Jean Jaurès, Simone Veil, «les héros de la Résistance et de la France libre», de Gaulle, Chaban-Delmas, Pompidou, Balladur, Georges Mandel… «Ma France est celle de tous les Français sans exception», a-t-il dit. «C'est la France de Saint-Louis et celle de Carnot, celle des croisades et de Valmy, celle de Pascal et de Voltaire, celle des cathédrales et de l'Encyclopédie (...) Celle des travailleurs qui ont cru à la gauche de Jaurès mais ne se reconnaissent plus dans la gauche actuelle et immobile». Ces hommes, a dit ce descendant de petits nobles hongrois et de juifs de Salonique, m'ont enseigné, à moi petit Français au sang mêlé, l'amour de la France et la fierté d'être français».

«J’ai changé»
Au 100.000 militants présents, fort d'un score plébiscite et des soutiens de la quasi totalité de son mouvement, Nicolas Sarkozy a assuré qu’il avait «changé parce qu'à l'instant même où vous m'avez désigné, j'ai cessé d'être l'homme d'un seul parti, fût-il le premier de France». «Je demande à vous tous de comprendre que je ne serai pas que le candidat de l'UMP». «Au moment même où vous m'avez choisi, je dois me tourner vers tous les Français, quels que soient leurs parcours, qu'ils soient de droite ou de gauche, de métropole ou d'outre-mer, qu'ils vivent en France ou à l'étranger, que la France les ait ou non déçus, pourvu qu'il l'aiment», a-t-il poursuivi. «Je dois les rassembler, je dois les convaincre qu'ensemble tout deviendra possible pour la France».

Travail, logement et impôt
Dans ce discours qui veut aller au-delà de sa famille politique, il a également dessiné son programme présidentiel. Pas de nouveauté dans les thèmes, il n’a utilisé le mot de «rupture» qu'une fois, évité soigneusement toute référence à ses adversaires — laissant les attaques parfois machistes aux autres ténors du parti et préféré les mots de travail ou travailleurs. Selon lui, cette valeur travail serait mieux défendue si, comme il le propose, le seuil du "bouclier fiscal" était abaissé à 50% au lieu de 60% aujourd'hui. «Je veux que l'Etat soit contraint de laisser à chacun au moins la moitié de ce qu'il a gagné, car tout vaut mieux que de taxer l'homme au travail.» «Je veux protéger les personnes plutôt que les emplois, a-t-il ajouté, sécuriser les parcours professionnels plutôt qu'empêcher les licenciements, (…) créer un contrat de travail unique à durée indéterminée pour remplacer les contrats précaires et qui permettra aux salariés d'acquérir progressivement des droits. » La suite sur cette dépêche Reuters. Sarkozy a également défendu l'idée d'une France de «propriétaires» contrairement aux socialistes qui «veulent que chacun aient accès un HLM dégradé».

Europe, Turquie, Irak
Sur l’Europe qu’il veut faire «redémarrer», Nicolas Sarkozy a rappelé que «l'urgence» est d'adopter «par la voie parlementaire un traité simplifié» et non de «ressusciter» le Traité constitutionnel rejeté par les Français en 2005 et renouveler son opposition à l’entrée de la Turquie dans l'Union européenne. «A élargir sans limite l'Europe, on prend le risque de détruire l'union politique européenne. Cela je ne l'acceptera jamais», a ajouté le candidat à l'Elysée pour qui l'Europe est «un multiplicateur de puissances», sans laquelle «nos vieilles nations ne pèseront rien dans la mondialisation», et sans laquelle «le choc des civilisations deviendra plus probable».

Parfois accusé d’être un atlantiste pro-Bush, le ministre de l’Intérieur a rendu «hommage à Jacques Chirac, qui a fait honneur à la France quand il s'est opposé à la guerre en Irak, qui était une faute».