Polémique autour du suicide de Loiseau

© 20 minutes
— 

« Mon mari était las et fatigué, il était devenu faible au point de ne plus voir les choses. » Bernard Loiseau, un des grands noms de la gastronomie française, a été retrouvé mort d’un coup de fusil de chasse, lundi soir, à son domicile de Saulieu (Côte-d’Or). Il avait 52 ans. Selon le procureur, les constations réalisées après la mort concluent à un suicide. Les amis et les proches du chef de l’hôtel-restaurant La Côte d’Or, trois étoiles au guide Michelin, ont fait part de sa fragilité psychologique. Au coeur de la polémique, le guide GaultMillau, qui venait de « décoter » le restaurant, le rétrogradant de 19/20 à 17/20. « Ça a tué Bernard Loiseau, a réagi le restaurateur lyonnais Paul Bocuse. Bernard était un homme fragile, je l’ai eu dimanche, je l’ai trouvé un peu dépressif. » Pierre Gagnaire, autre chef trois étoiles, est revenu sur les difficultés de la profession : « On est dans un métier où, derrière la façade, il y a la souffrance, la fatigue. Ce qui nous met la pression, c’est la combinaison de l’art et du commerce. » « Ce n’est pas une note qui tue, a répondu, hier sur LCI, Patrick Mayenobe, le directeur du GaultMillau. Ce grand cuisinier français avait certainement d’autres problèmes. » Dominique Loiseau, femme du restaurateur, estime payer un moment de folie, comme elle l’a souligné à l’AFP : « Il était tous les jours au travail, nous n’étions pas partis en vacances depuis trois ans. Depuis vingt-sept ans, il ne faisait que cela, il en a trop fait. Il a été fragilisé par des articles récents, mais il était euphorique, excessif de nature et très inquiet. » Le Relais et Châteaux La Côte d’Or ne fermera ses portes que pour les obsèques du chef, qui devraient avoir lieu vendredi. D. C.

bourse La cotation de l’action Bernard Loiseau SA a été suspendue, hier, jusqu’à nouvel ordre. Le groupe Loiseau a indiqué son « intention de poursuivre l’ensemble de ses activités en perpétuant l’esprit » du chef.