Un militant du FN, suspect du meurtre du pilote de quad, a été mis en examen

Johan Hufnagel

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Un homme de 34 ans a été placé en garde à vue mercredi dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'un pilote de quad, le 24 décembre à Limoges, et a reconnu avoir tiré, excédé par le bruit des engins qui tournaient dans un square, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête.
Un homme de 34 ans a été placé en garde à vue mercredi dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'un pilote de quad, le 24 décembre à Limoges, et a reconnu avoir tiré, excédé par le bruit des engins qui tournaient dans un square, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête. — Antoine Parat AFP/Archives

Un homme de 34 ans a été arrêté mercredi matin et a reconnu être l'auteur du coup de feu qui a tué Karim Zaiter, un pilote de quad, la veille de Noël dans un square du quartier Beaubreuil de Limoges.

Membre du FN
Le suspect, un agent de sécurité habitant au neuvième étage d'un immeuble de ce quartier, a dit aux enquêteurs avoir tiré au hasard sur un des engins qui tournaient sur le square sans vouloir tuer, car il était «excédé par le bruit». L’homme, membre du Front national, a également assuré aux enquêteurs ne pas connaître la victime et ignorer qu'elle était d'origine maghrébine.

Connu des services de police pour des violences, le suspect, un tireur sportif, possédait légalement plusieurs armes de différents calibres retrouvées à son domicile par les enquêteurs. Il appartient maintenant de déterminer si l’une d’elles a servi à tirer sur le jeune pilote.

«Ce n'est pas comme les Experts»
La résolution de l’enquête, très rapide, pour ce genre de «crime-énigme», a mobilisé près de 50 enquêteurs venant de Limoges bien sûr, mais aussi de Paris, d’Orléans, Tours et Poitiers. A affaire exceptionnelle, «moyens exceptionnels», explique une source proche de l’enquête. «Personne du quartier ne nous a aidé, il a fallu qu’on se débrouille seul».

L'autopsie avait permis d'établir qu'il avait été tué par une arme de calibre 22 long rifle et que la trajectoire de la balle était verticale démontrant que l'auteur se trouvait dans une tour de la cité. Mais avec près de 400 appartements d’où avait pu être tirée la balle mortelle, l’élucidation du crime tient de la «performance». «Ce n’est pas comme dans les Experts», plaide-t-on.

La piste des détentions d'armes
Surtout que les enquêteurs ont dû compter avec les habitants du quartier dont une partie est «hostile par nature à la police» et une autre, excédée par le bruit provoqué par les rodéos de quads. Qui trouvait que ce qui était arrivé au jeune homme tué, c’était «finalement bien fait».

Sans renseignements sûrs fournis par des voisins, les enquêteurs ont suivi la piste des détentions d’armes pour finalement arrêter ce suspect, mercredi matin vers 6h. L’homme, père de deux enfants, a été mis en examen pour assassinat, puis incarcéré.