L'avenir des cirques suspendu à un fil

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Faute d'espace dans les villes pour leurs chapiteaux, les petits cirques risquent peu à peu de disparaître. Un comble pour une activité qui a attiré l'an dernier 14 millions de spectateurs. Gilbert Edelstein, président du Syndicat national du cirque, tire la sonnette d'alarme : « Le problème est simple, les mairies réaménagent leur place publique. Comme le foncier devient de plus en plus cher, elles construisent souvent des parkings, des zones piétonnes et il n'y a plus de place pour nos cirques. » Conséquence : tentes, cages à fauves et caravanes sont expatriées à la périphérie des villes. Un isolement et un manque à gagner pour une profession qui représente 30 000 emplois. Les plus grosses entreprises tiennent le coup, mais les petits cirques sont menacés.

Pierre Hérisson, vice-président de l'Association des maires de France (AMF) en charge du dossier des cirques, met en exergue une situation paradoxale : « Culturellement, les Français sont véritablement attachés aux cirques, mais d'un autre côté les maires sont soumis à une véritable pression des habitants qui se plaignent de nuisances », affirme le sénateur-maire de Sévrier (Haute-Savoie). Des arguments qui ne convainquent pas Christophe Herry, directeur des tournées du cirque Pinder : « On est pro, on paye un droit de place. Le cirque fait vivre l'économie locale. Aujourd'hui, on veut une volonté politique. » Pierre Hérisson, qui a créé un atelier sur la question, assure être sur la bonne voie. Le sénateur-maire évoque aussi une nouvelle éventualité : « Pourquoi ne pas prévoir dans la loi SRU une place pour le cirque ? Un peu comme la loi Besson pour les gens du voyage. » Cette solution fait rêver les professionnels du cirque.

O. Marino

Il y a 350 cirques en France. « C'est trop », d'après Pierre Hérisson, vice-président de l'AMF. D'autant plus qu'ils subissent la rude concurrence de cirques italiens qui viennent faire des tournées en France.