Plus de 5.000 postes d’enseignants supprimés à la rentrée

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De quoi réveiller la grogne des enseignants. Plus de 5.000 postes équivalents temps plein seront supprimés dans les collèges et lycées à la rentrée 2007, les académies de Lille, Reims, Dijon et Versailles payant le prix fort, selon le projet ministériel de carte scolaire. Le Syndicat des Enseignants (SE-Unsa) a aussitôt réagi, assurant que «l'heure (était) à l'organisation de la riposte».


Allongement du temps de travail

Alors que, pour la première fois depuis 1950, 3.058 postes équivalents temps plein sont supprimés par allongement du temps de travail de certains enseignants, 2.458 le sont au titre de la baisse des effectifs. La prochaine rentrée comptera 24.757 collégiens et lycéens en moins. Au total, les collèges et lycées devront donc se passer de plus de 5.000 postes de professeurs, grands sacrifiés de la loi de Finances 2007.

La carte scolaire définit la répartition des moyens par académies – qui elles-mêmes effectuent la répartition par établissements –, en fonction du budget voté à l'Assemblée nationale, des variations d'effectifs, du coût des formations, d'un certain nombre de critères sociaux et territoriaux et du remplacement des enseignants absents.

Cette année, selon le projet, seule l'académie de Guyane bénéficie d'un solde positif de postes d'enseignants (+63). Les autres académies oscillent entre 25 suppressions (Corse, sur un total de 1.957 postes) et 701 (Lille, sur 27.678 postes), Reims étant la plus touchée en proportion avec près de 2% de ses professeurs en moins (262 postes en tout). Dijon sort également très perdante de ce projet (265 postes en moins), ainsi que Versailles (- 500 postes) et Nancy-Metz (-337).

500 postes créés en primaire

Par ailleurs, selon le projet, 456 postes sont redéployés dans les unités pédagogiques d'insertion (UPI) et les dispositifs relais, tandis que 300 emplois d'infirmières et 50 d'assistantes sociales sont créés.

A l'école primaire enfin, où les effectifs doivent augmenter de 24.000 élèves, 500 postes sont créés, soit «une création pour 48 élèves supplémentaires» selon le SE-Unsa. Les académies regroupant des pôles urbains de forte densité, comme Créteil, Bordeaux, Nantes bénéficient respectivement de 100, 91 et 84 postes supplémentaires, sachant que l'académie de Créteil est la deuxième plus grosse académie avec près de 24.000 professeurs des écoles, alors qu'ils sont la moitié à Nantes. Quant à Lille, elle profite peu de cette aubaine (+2) tandis que Reims paie encore le prix fort (- 72).

L'arrivée de nouveaux enseignants dans les écoles primaires formés à l'apprentissage d'une langue vivante justifie enfin selon le ministère la suppression de 300 postes d'intervenants extérieurs.