Le logement dans les cartons des candidats

Service France de 20 Minutes

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Le Conseil de la concurrence a annoncé mercredi qu'il avait décidé de sanctionner à hauteur de 48,5 millions d'euros au total 34 entreprises de BTP, dont les leaders Bouygues, Vinci et Eiffage, pour entente généralisée sur les marchés publics d'Ile-de-France entre 1991 et 1997.
Le Conseil de la concurrence a annoncé mercredi qu'il avait décidé de sanctionner à hauteur de 48,5 millions d'euros au total 34 entreprises de BTP, dont les leaders Bouygues, Vinci et Eiffage, pour entente généralisée sur les marchés publics d'Ile-de-France entre 1991 et 1997. — Robert François AFP/Archives

La crise du logement est au centre de la campagne présidentielle avec, jusqu'à présent, des solutions avancées plus souvent par des associations citoyennes, comme Les Enfants de Don Quichotte. Mais les principaux partis politiques ont également des propositions dans leur programme pour 2007.

1. L'UMP mise sur la propriété

Dans son projet législatif, le parti de la majorité s'intéresse surtout à l'accession à la propriété par la création d'un prêt foncier à taux zéro, la généralisation du crédit hypothécaire, la vente d'une partie du parc HLM... Pour les plus démunis, l'UMP propose de créer un quota obligatoire de logements sociaux dans les programmes immobiliers nouveaux, précisant toutefois « dans les zones où cela est justifié ». Quant au droit au logement opposable, adopté par le gouvernement, l'UMP avait rejeté cette idée, pourtant défendue par Sarkozy.

2. Le PS derrière le « bouclier logement »

Les socialistes promettent de réaliser 120 000 logements sociaux par an « bien intégrés dans les villes », et d'imposer un quart de logements sociaux obligatoires dans tous les futurs programmes immobiliers. Le PS défend aussi la création d'un « bouclier logement » qui plafonnera à 25 % maximum la part du budget des ménages modestes consacrée au loyer dans le parc social et le parc privé conventionné. Ségolène Royal a promis la mise en place d'« un service public de la caution » pour « assurer les impayés de loyers et éviter les expulsions ». Elle a aussi proposé que les locataires qui paient un loyer depuis quinze ans dans un logement social puissent « accéder à la propriété ».

3. L'UDF et le pouvoir aux préfets

Dans son discours du 20 janvier 2006, François Bayrou exigeait déjà l'instauration du « droit au logement opposable ». Le candidat centriste veut aussi transférer aux préfets l'obligation de construction de 20 % de logements sociaux dans chaque commune, en cas de défaillance de la mairie. Enfin, comme le PS, il propose que « tous les programmes immobiliers comprennent au moins 25 % de leur surface en logements sociaux ».

4. Un million de logements Verts

Les Verts promettent de construire « un million de logements sociaux » et plaident pour l'inscription immédiate du droit opposable au logement dans la Constitution, la création d'« un fonds d'urgence et d'assistance au relogement obligatoire », et le vote d'une loi pour « un recensement de l'habitat indigne » sur l'ensemble du territoire.

5. Le PCF plafonne les loyers

Marie-George Buffet, la candidate communiste, propose « la mise en chantier de 600 000 logements sociaux en cinq ans ». Outre un « gel immédiat » des loyers, le PCF défend l'attribution des logements sociaux sans plancher de ressources et le plafonnement de loyers, sociaux ou pas, à 20 % des revenus des ménages.

6. La LCR fait des réquisitions

La formation trotskiste d'Olivier Besancenot est la plus radicale. Elle réclame « l'application immédiate de la loi de réquisition des logements vides », l'arrêt des expulsions et le « blocage des loyers ». Comme le PCF, la Ligue veut rendre inéligible tout maire qui ne construit pas 20 % de logements sociaux dans sa ville.

7. La préférence nationale du FN

Dans son programme à paraître en février, le Front national défend la « préférence nationale » en matière de logement social. Traduction : réserver ces logements aux seuls Français. Le FN veut aussi encourager l'accession à la propriété en baissant la fiscalité sur le patrimoine, avec pour objectif 100 % de propriétaires. En revanche, le mouvement de Jean-Marie Le Pen est réservé sur la construction de nouveaux logements sociaux, ceux existants étant, selon lui, « à l'origine des maux sociaux actuels ».

Le « ministère de la Crise du logement », immeuble du 2e arrondissement parisien squatté par des associations depuis trois semaines, ouvrira au public demain. Une soixantaine de personnes occupent ce lieu vide depuis trois ans dont le propriétaire est l'établissement la Lyonnaise de banque. Le programme socialiste a commandé au Conseil économique et social (CES), une étude sur le droit au logement opposable. Or, le CES a déjà rendu un rapport sur ce sujet... en 2004.