Pour les Chinois, elle a tout d'une grande

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Ségolène Royal, a été reçue lundi par le vice-président Zeng Qinghong, numéro cinq du régime, qui a fait assaut d'amabilités à l'égard de la candidate socialiste à l'élection présidentielle française.
Ségolène Royal, a été reçue lundi par le vice-président Zeng Qinghong, numéro cinq du régime, qui a fait assaut d'amabilités à l'égard de la candidate socialiste à l'élection présidentielle française. — Bertrand Guay AFP/Pool

Plus populaire que Nicolas Sarkozy, « l'opposant de Mme Royal », Ségolène « Luo-Ya-Er » a reçu un traitement de faveur pendant ses quatre jours à Pékin, compte tenu de son statut de candidate. Véhiculée en limousine, la candidate socialiste aura rencontré six dignitaires de l'Etat ou du PC. Lundi, Le nº 5, le vice-président Zeng Qinghong a déroulé pour elle le tapis rouge du Palais du Peuple, comme pour un personnage politique important. Et, ainsi que la plupart des Chinois, il n'est pas resté insensible à son charme. « Elle incarnerait une image nouvelle dans une France macho », avance un journaliste chinois.

Sa visite a eu des échos dans la presse, et a même fait hier la une du fameux Quotidien du Peuple. Reste à voir comment ses initiatives liées aux « droits humains » vont être accueillies dans cette Chine globalisée « qui a évolué depuis Tian'anmen », selon le sociologue Jean-Luc Domenach, membre de la délégation. Avant de rencontrer les associations de défense de l'environnement et de femmes migrantes, qui font partie des sujets sensibles, elle avait obtenu l'accord des autorités. Plus qu'une candidate, les Chinois, « qui lisent les sondages » selon l'entourage de Ségolène Royal, l'ont traitée comme un successeur potentiel de Jacques Chirac. « Ils ont souvent évoqué la construction européenne. Dans un monde multipolaire, ils espèrent que l'Europe soit un pôle », a avancé son directeur de cabinet. En dressant son bilan devant la presse chinoise hier, celle que la télé officielle a surnommée « la rose de France » a récolté un nouveau bon point en affirmant que « peu de pays en développement ont compris comme la Chine la nécessité de changer les conditions de la croissance ». Il est juste dommage que son discours, dont la partie sur les « droits humains », n'ait pas été traduit. Le traducteur avait été oublié.

Envoyée spéciale à Pékin,

Caroline Dijkhuis

Le ministre du Commerce, Renaud Dutreil, a reproché hier à Royal de ne pas soutenir les entreprises françaises à l'étranger.