Pour Royal, qui dit «environnement» dit «droits de l'homme»

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Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle française, a pris au mot les autorités chinoises qui se réclament d'une "société harmonieuse" en les invitant dimanche en termes choisis à passer aux actes dans la défense des "droits humains".
Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle française, a pris au mot les autorités chinoises qui se réclament d'une "société harmonieuse" en les invitant dimanche en termes choisis à passer aux actes dans la défense des "droits humains". — Bertrand Guay AFP

Deuxième jour de visite chinoise au pas de course pour Ségolène Royal dimanche. (Au programme, thé dans une famille chinoise, rencontre avec des femmes migrantes ainsi que deux hauts personnages de l'appareil politique chinois.) Aux oubliettes la «bravitude» déclamée samedi. «C'est de la poésie, disons que la muraille m'a inspirée», s'est contentée de déclarer la candidate du PS, «loin» de toute polémique parisienne. Elle a préféré marteler toute la journée son leitmotiv : pour elle, croissance, environnement et droits sociaux, «tout est lie». «On se rend compte qu’à chaque fois que l'environnement progresse, les droits individuels et sociaux progressent aussi», a-t-elle expliqué au terme d'une visite éclair de la Cité interdite, symbole éternel du pouvoir à Pékin.


Ségolène Royal est persuadée qu'évoquer des thèmes écologiques - elle a rencontré deux associations environnementalistes dimanche matin -, lui permet d'aborder indirectement avec ses interlocuteurs chinois le sujet des libertés. «C'est une question de levier», assure-t-on dans son entourage. La défense de l'environnement est un domaine dans lequel les Chinois n'hésitent pas à poursuivre devant les tribunaux, et les procès contre les pollutions abusives augmentent de 30% chaque année.
La candidate a aussi évoqué une autre de ses préoccupations concernant les droits de l'homme: la défense des journalistes et des avocats. «Les professions qui participent à la défense des droits doivent être protégées, ça fait partie des engagements internationaux», a-t-elle déclaré.

A Pekin,Caroline Dijkhuis