Arnaud Montebourg se fait des ennemis en Suisse et à Monaco

S.C.

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L’exil fiscal ne sera pas pour Montebourg. En fustigeant les paradis fiscaux dans une tribune publiée par le journal Libération mardi, Arnaud Montebourg s’est fait de nouveaux ennemis. Parmi lesquels la Suisse et Monaco, qui ont vertement réagi aux propos du député socialiste français.

«Les remarques de M. Montebourg n'appellent aucun commentaire particulier. Il est seulement regrettable que son auteur ne se tienne pas au courant des réalités de la principauté de Monaco», a indiqué un bref communiqué du gouvernement monégasque.
 
Les diatribes d’Arnaud Montebourg déchaînent surtout les passions en Suisse, qualifiée de «voisin indélicat» par le porte-parole de Ségolène Royal. Si le gouvernement helvétique a refusé de réagir, d’autres personnalités politiques suisses s’en sont chargées : le parti populiste suisse UDC a ainsi exclu tout «compromis» sur la souveraineté fiscale helvétique.
Pour le député UDC Yvan Perrin, «la gauche française n'a qu'à assumer ses propres erreurs». «Les 35 heures sont un échec qu'ils essaient de compenser en augmentant les impôts», juge-t-il en faisant valoir que «les salariés suisses bossent jusqu'à 20% de plus que les Français». L’éditorialiste du Matin, Laszlo Monar réplique à Montebourg que «les Français et leurs capitaux sont libres de circuler». Mais l’un d’entre eux n’est plus le bienvenu.
 
Les médias suisses ne sont pas en reste. «Le Français qui attaque la Suisse», dénonce ainsi le journal Le Matin alors que Le Temps titre «Ségolène Royal part en croisade contre la fiscalité suisse». Dans ce tollé, les voix plus modérées ont un peu de mal à se faire entendre. La députée socialiste de Genève Maria Roth-Bernasconi prône ainsi «plus de solidarité» entre les pays sur le terrain fiscal et regrette la polémique. «C'est dommage pour l'image de notre pays: nous passons pour des égoïstes».