«Attention à ne pas délaisser les classes populaires»

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Les réactions au discours de Dominique de Villepin ont été nombreuses hier.

Jean-Baptiste Legrand (Les Enfants de Don Quichotte) « Ces annonces vont dans le bon sens. Nous faisons confiance au Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, qui a aidé à élaborer le texte. Mais on ne connaît pas encore le projet de loi dans son intégralité, ni ses amendements. Nous restons donc très vigilants. Et nous continuons à demander un plan Marshall qui aille au-delà du droit au logement. »

Patrick Doutreligne (Fondation Abbé Pierre) « Le droit au logement opposable est une avancée, il faut la saluer. Mais il ne doit pas rester déclamatoire. Il faut construire des logements, agir sur le montant des loyers. Attention aussi à ne pas délaisser les classes populaires en ne portant l'effort que sur les plus démunis. »

Claude Pernes (Association des maires de l'Ile-de-France) « Le maire peut et doit construire, mais il ne peut pas offrir. La réussite de cette notion révolutionnaire d'opposabilité du logement dépendra surtout de la politique des bailleurs face à la solvabilité du demandeur. Les vraies questions seront donc : qui pourra bénéficier de l'opposabilité ? Qui va attribuer les logements ? Qui va payer le loyer et les charges en cas d'impossibilité du locataire ? Quelles seront les instances de recours ? Comment les dossiers seront-ils traités ? »

Jean-Baptiste Eyraud (Droit au logement) « Je ressens plutôt de la déception. Instituer ce droit est une bonne chose, mais dire que c'est l'Etat qui sera responsable devant la loi n'est pas crédible. Il va falloir trouver une autre solution, car avec la décentralisation l'Etat n'est quasiment plus responsable de rien en matière de logement. Un autre problème est que Villepin renvoie l'application de la loi à ses successeurs. Maintenant, nous allons batailler sur ce texte jusqu'au 17 janvier et élargir la mobilisation. »

Recueilli par S. C.