Deux ans après le tsunami, les sages font les comptes

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AFP TV

Une catastrophe sans précédent – près de 240 000 morts – pour des dons records : pas loin de 330 millions d'euros. La Cour des comptes s'est penchée hier sur l'aide des Français aux victimes du tsunami en Asie du Sud-Est, deux ans après le drame. Et les sages tirent un constat mitigé de l'utilisation des dons par les ONG.

Si elle n'épingle aucune malversation, la Cour émet quatre réserves principales : l'affectation très lente des dons, parfois un manque d'informations aux donateurs, le financement d'opérations sans lien avec le tsunami, et des imprécisions comptables. Sur trente-deux ONG contrôlées, quinze ont reçu un satisfecit, parmi les plus importantes (Croix-Rouge, Secours catholique, Action contre la faim...). La Cour précise toutefois que fin 2005, 85 % des fonds récoltés par la Croix-Rouge n'avaient pas été utilisés, et 80 % pour le Secours catholique. Selon Jean-Hervé Bradol, président de Médecins sans frontières, cette lenteur est due au fait qu'« on a confondu l'urgence et le long terme ». « On ne reconstruit pas un pays en deux ans », rappelle Pierre Levené, du Secours catholique. L'association dit avoir déjà utilisé 19 millions d'euros sur 36 millions récoltés, pour des actions planifiées jusqu'en 2010. « Au Sri Lanka, le pays a été dévasté sur ses côtes et la guerre a repris dans le Nord, ce qui gêne considérablement notre action. Nous sommes donc sur des programmes de reconstruction à long terme. »

Bastien Bonnefous (avec Sa. C.)