Droit au logement : la classe politique mitigée

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Les réactions à l'annonce d'un projet de loi sur le droit opposable au logement sont mitigées, à gauche comme à droite. Si les politiques considèrent qu'il s'agit d'une bonne mesure, ils doutent de sa mise en application.

Le premier secrétaire du PS François Hollande estime que «le gouvernement se donne bonne conscience à peu de frais» et considère qu'il «y a tout lieu de craindre l'effet d'annonce sans lendemain».

Pour le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, «dans la situation nationale actuelle, la responsabilité du gouvernement est d'abord et avant tout de garantir une offre de logements sociaux et de places d'hébergement adaptée à la demande».

La communiste Marie-George Buffet estime que ce «nouveau droit est une bonne chose», mais demande des actes «sans attendre».

Bernard Accoyer (UMP) a prévenu, lui, que la mise en oeuvre de ce droit devrait se faire en «concertation avec les élus locaux» .

Marielle de Sarnez, vice-présidente de l'UDF, a estimé le projet «nécessaire» mais «pas suffisant», en se prononçant pour «un pacte national contre l'exclusion».

Dominique Voynet, candidate des Verts, estime qu'il s'agit «une annonce de plus».

L'association les Enfants de Don Quichotte juge que la mise en place progressive d'un droit au logement opposable allait «dans le bon sens», mais qu'en attendant son application il fallait se concentrer sur des mesures d'urgence.

L'association Droit au Logement (DAL), enfin, demande d'abord un engagement ferme sur les conditions d'accueil des SDF, de façon que «personne ne soit mis à la rue au petit matin, et l'application de la loi de réquisition des logements vacants».