«La reconstruction est loin d’être terminée»

Recueilli par Sandrine Cochard

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Interview d’Aloysius John, responsable du département Asie et Moyen-Orient du Secours Catholique
 
La Cour des Comptes émet une réserve sur l’utilisation des dons récoltés par le Secours Catholique au moment du tsunami, en décembre 2004. Qu’en pensez-vous ?

Ce rapport conforte nos efforts sur le terrain. Le tsunami, qui a engendré de nombreuses destructions, a tout remis à zéro et même moins que zéro ! Il a donc fallu tout reconstruire, et ce dans un contexte politique parfois difficile. Je précise que les fonds reçus sont utilisés pour des projets certes différents mais tous en lien avec la catastrophe. Nos donateurs sont informés de nos projets via nos publications et le comité de donateurs qui se réunit tous les trimestres.
 
Le rapport de la Cour des Comptes pointe une utilisation de 20% des fonds récoltés par le Secours Catholique, fin 2005. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Sur les 36,5 millions d’euros que nous avons reçus, nous en avions utilisé 51,2% fin 2006. Cela nous a permis de construire 7.000 maisons et d’y loger 35.000 personnes. Notre aide, essentiellement tournée vers la reconstruction, se compose également d’autres actions : mise à disposition de ressources telles que l’eau potable, formations des adultes et éducation des enfants ainsi qu’une aide psychologique aux victimes, dont 6.200 familles ont profité.
 
Selon le rapport de la Cour des Comptes et Médecins sans frontières, les dons perçus ont dépassé les besoins urgents et engendré un embouteillage sur place. Deux ans après, les régions touchées par le tsunami ont-elles encore besoin de l’aide internationale ?
Bien sûr. La reconstruction est loin d’être terminée, d’autant que nous avons été stoppés par la guerre au Sri Lanka. L’urgence est derrière nous, mais nous sommes entrés dans une phase de reconstruction qui est très longue. La Louisiane, détruite par le passage du cyclone Katrina, est-elle reconstruite aujourd’hui ? Non !