Ministre ou candidat, il faut choisir

C.F (avec AFP)

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Jacques Chirac a donné mercredi matin le coup d'envoi des traditionnelles cérémonies d'échanges de voeux à l'Elysée avec le salut au drapeau dans la cour d'honneur du palais présidentiel.
Jacques Chirac a donné mercredi matin le coup d'envoi des traditionnelles cérémonies d'échanges de voeux à l'Elysée avec le salut au drapeau dans la cour d'honneur du palais présidentiel. — Patrick Kovarik AFP

Jacques a dit «mobilisez-vous». Le Président a demandé mercredi aux ministres «une mobilisation totale», les mettant en garde contre le risque de délaisser leur activité gouvernementale au profit de la campagne électorale. Premier visé : Nicolas Sarkozy.

Vœux
«Vous aurez certainement à coeur de prendre part au débat national qui s'annonce. Il est légitime que vous puissiez le faire, et nos concitoyens seront attentifs à l'expression de votre engagement et de vos convictions», a déclaré Jacques Chirac en réponse aux vœux du gouvernement – les derniers de son second mandat. «Mais il vous faudra le faire dans le cadre d'un principe clair : cet engagement dans le débat électoral ne saurait en aucun cas s'exercer au détriment de votre mission gouvernementale.»
Nicolas Sarkozy a «largement» la «capacité» pour être à la fois ministre de l'Intérieur et candidat à la présidentielle, a aussitôt réagi Brice Hortefeux, ministre délégué aux Collectivités locales et très proche conseiller du président de l'UMP. «Nous sommes au XXIe siècle, pas dans la seconde moitié du XIXe, à l'époque où les ministres de l'Intérieur et les préfets organisaient les candidatures et désignaient les vainqueurs», a-t-il ajouté.

«Table-rase»
Le chef de l'Etat a par ailleurs dénoncé «la tentation de la table-rase». «Dans un temps où, par la force des choses, la caricature pourrait gagner sur la raison et la tentation de la "table-rase" sur le respect du travail accompli, sachez revendiquer et porter haut votre action», a-t-il dit après avoir défendu son bilan économique et social. Une allusion à peine voilée à la «rupture tranquille» de Sarkozy. Jacques Chirac a d’ailleurs salué l'action du gouvernement dirigé par Dominique de Villepin en disant aux ministres qu'ils avaient «toutes les raisons d'être fiers de l'action (qu'ils mènent) sous l'autorité du Premier ministre».
Le Président a fixé «trois priorités» d’ici à la présidentielle. Législatives, d’abord : le vote au Parlement des textes sur la prévention de la délinquance, la réforme de la justice, la parité en politique, la modernisation du dialogue social, ou la protection de l'enfance ; la révision de la Constitution pour adopter la réforme du statut pénal du chef de l'Etat; le texte sur la Nouvelle-Calédonie et celui sur l'abolition de la peine de mort.

Exécutives, ensuite : «L'essentiel des décrets d'application des lois votées depuis 2002 doit être pris». Jacques Chirac a annoncé qu'un Conseil des ministres sera consacré au mois de mars «à faire le bilan du respect» par tous les ministres de cette «exigence». Internationales, enfin : le président demande aux ministres «un engagement personnel» pour préparer les trois grandes conférences internationales prévues sur la reconstruction du Liban fin janvier, celle sur l'environnement début février et le sommet Afrique-France, fin février. Vaste programme.

Pensez-vous qu'un ministre ne doit pas cumuler ses fonctions au gouvernement et sa candidature à une élection ?