Tsunami : les bons comptes des ONG

Sandrine Cochard

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Environ 1.500 sauveteurs avaient été déployés pour tenter de localiser des blessés et rechercher les cadavres, a indiqué Agus Sutrisno, responsable des secours dans le district de Ciamis.
Environ 1.500 sauveteurs avaient été déployés pour tenter de localiser des blessés et rechercher les cadavres, a indiqué Agus Sutrisno, responsable des secours dans le district de Ciamis. — Bay Ismoyo AFP

«Jamais catastrophe n’avait mobilisé autant d’argent.» Philippe Seguin est catégorique : l’élan de solidarité ayant suivi la catastrophe du tsunami il y a deux ans, est sans précédent. Le président de la Cour des Comptes a présenté mercredi matin le rapport sur l’aide française pour lequel les comptes de 32 associations hexagonales ont été examinés.

L’enjeu financier était énorme : rien qu’en France, ces 32 associations ont perçu 323 millions d’euros, les pouvoirs publics se sont engagés à hauteur de 337 millions d’euros tandis que l’aide des Nations Unies se chiffrait (fin 2005) à 1,37 milliard de dollars (1,037 milliards d’euros). Ce qui fait un total de près de 1,5 milliard d’euros à dépenser.

Réaffectation des dons à des projets sans liens avec le tsunami


L’utilisation de cette somme astronomique, bien supérieure aux besoins constatés sur place, soulève aujourd’hui des questions. Car après avoir épluché les comptes d’emploi des 32 associations françaises ayant perçu au total 323 millions d’euros, la Cour des Comptes s’interroge sur l’utilisation de ces dons, soulignant qu’au 31 décembre 2005, «seuls 38% de ces fonds avaient été utilisés, soit un total de 124 millions d’euros.» Un taux qui «avoisinerait aujourd’hui les 50%», selon Marie-Thérèse Cornette, présidente de la 5e chambre de la Cour des Comptes.

Outre la vitesse d’utilisation des dons, la Cour des Comptes tique sur leur réaffectation à des projets sans liens avec le tsunami et pose la question: à qui appartient un don ? Au bénéficiaire qui le perçoit, à l’ONG qui le gère ou au donateur qui l’attribue à une cause précise? Selon le rapport, plusieurs associations ont ainsi financé des projets grâce au surplus perçu après le tsunami, souvent sans en informer les donateurs.

C’est pourquoi, bien qu’elle reconnaisse un emploi des dons «conforme aux objectifs poursuivis par l’appel à la générosité publique» aux 32 associations françaises étudiées, la Cour des Comptes émet des recommandations pour neuf d’entre elles et des réserves pour 8 autres, préconisant une meilleure information aux donateurs. Et prévoit une seconde vague de vérification en 2009.


Avez-vous déjà donné pour des causes humanitaires? Vous intéressez-vous ensuite à l’utilisation de vos dons?