Jour de pression au ministère des sans-logis

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Le "ministère de la Crise du logement", installé par trois associations dans un immeuble squatté de la rue de la Banque à Paris (IIe), ouvrira au public le jeudi 11 janvier, a-t-on appris auprès d'une de ces associations.
Le "ministère de la Crise du logement", installé par trois associations dans un immeuble squatté de la rue de la Banque à Paris (IIe), ouvrira au public le jeudi 11 janvier, a-t-on appris auprès d'une de ces associations. — Jack Guez AFP

Hormis son décor de squat, l'immeuble du 24, rue de la Banque, à Paris, avait bel et bien hier des allures de ministère. On y comptait autant de sonneries de portables que de caméras. Présenté comme « le ministère de la crise du logement », ce bâtiment est occupé depuis le 26 décembre par trois associations, Droit au logement (DAL), Jeudi Noir et Mouvement d'animation culturelle et artistique de quartier (Macaq). A la porte, des occupants filtrent les visiteurs. Les familles qui viennent de s'installer se reposent, fatiguées par les allées et venues de la presse. Au deuxième étage, des artistes montrent leurs oeuvres, d'autres empruntent des pinceaux pour préparer des banderoles.

C'est au premier étage que le ministère prend réellement forme. Sur une table sont étalées des cartes de visite, dont celle d'un huissier venu signifier que l'immeuble était promis à une vente lundi prochain. Les occupants relativisent la nouvelle. « Le propriétaire [la Lyonnaise de banque] vient comme par hasard de trouver un marchand de biens. On peut essayer de faire préempter le bâtiment par la Mairie. » Il est fortement question de stratégie. Jean-Baptiste Eyraud, président du DAL, explique comment faire pression sur les politiques avant la présidentielle afin de rendre les réquisitions de logements effectives, de donner un pouvoir d'injonction réel aux instances de médiation ou de mieux occuper le parc locatif privé. La pression semble payer. Un portable sonne, le cabinet d'un ministre veut un rendez-vous. « On a peu de temps, la fenêtre est étroite, mais ils ont l'air un peu paumés, ils découvrent ce domaine », glisse Jean-Baptiste Eyraud, signe que des avancées sont possibles.

A. S.

Le lieu sera ouvert au public jeudi 11 janvier. Des consultations sur les problèmes de logement devraient y avoir lieu.