Luc Ferry dérape et rate le sans-faute

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Lutter contre le racisme et l’antisémitisme dans l’école de la république. Telle est l’une des ambitions de Luc Ferry. Hier, le ministre de l’Education nationale a présenté son panel de mesures – plutôt bien accueillis par l’ensemble des syndicats – pour ne plus admettre « aucune dérive, même verbale », a- t-il expliqué, alors qu’insultes et agressions racistes isolées se multiplient depuis quelques mois dans les cours de récréation. Las, bien que refusant la stigmatisation d’un quelconque groupe, le ministre n’a rien trouvé de mieux que de mettre en cause maladroitement une partie du corps professoral. Dans Le Monde d’hier, il s’en est pris à « une partie des enseignants de gauche qui sont anti-Israël [et] tolèrent de plus en plus des propos antisémites sous le prétexte que l’origine de ces propos n’est pas l’extrême droite. Nous devons obtenir que les adultes soient clairs dans leurs têtes sur ces sujets ». Une phrase qui a provoqué l’« indignation » du Snes-FSU, principal syndicat d’enseignants : « Non les enseignants ne tolèrent aucune forme de racisme, a-t-il expliqué dans un communiqué. Sur quels faits le ministre fonde-t-il son jugement ? Ne sait-il pas que l’antiracisme et la lutte contre l’antisémitisme restent des valeurs partagées par le milieu enseignant ? » Hier, en fin de journée, le ministère a tenté d’arrondir les angles, expliquant que « le ministre ne visait pas une partie des professeurs ». « Il s’est adressé à l’ensemble du corps éducatif – enseignants, élèves, personnel – sur le risque d’une communautarisation de la société française qui peut avoir des conséquences à l’école. » Bastien Bonnefous