Hébergement : nouvelle mission de Sarkozy à Klarsfeld

S.A (avec AFP)

— 

Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, a confié à l'avocat Arno Klarsfeld "une mission d'analyse, de concertation et de proposition sur la mise en oeuvre du droit à l'hébergement", a-t-on appris mercredi auprès de l'UMP.
Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, a confié à l'avocat Arno Klarsfeld "une mission d'analyse, de concertation et de proposition sur la mise en oeuvre du droit à l'hébergement", a-t-on appris mercredi auprès de l'UMP. — Fred Dufour AFP/Archives

Quand naît la polémique, Arno Klarsfeld devient l’homme de missions de Sarkozy. Après avoir planché sur le devoir de mémoire en plein débat sur «les bienfaits de la colonisation», après avoir joué le médiateur des expulsions d’enfants sans-papiers, après avoir réfléchi sur les mineurs délinquants, l’avocat va désormais mener «une mission d’analyse, de concertation et d’aménagement sur la mise en œuvre du droit à l’hébergement», pour le compte du futur candidat.

«Raisonnable et faisable»

Sitôt désigné, le fils de Serge et Beate Klarsfeld s’est rendu mardi après-midi au canal Saint-Martin, où sont regroupés 200 tentes de SDF, à la rencontre des représentants des «Enfants de Don Quichotte».

L’occasion pour lui de décrire sa mission : «trouver d’ici à deux ans une solution raisonnable en termes de quantité et de qualité d’accueil».

Et de juger la charte du canal Saint-Martin «raisonnable et faisable». «Tout ça a un coût, mais ça ne devrait pas être exorbitant», a-t-il ainsi déclaré, s’éloignant des accusations de «poudre aux yeux» prononcées par la ministre de la Cohésion sociale, Catherine Vautrin, à l’encontre de l’action des «Don Quichotte».

Les conclusions de la mission d’Arno Klarsfeld, menée «en étroite liaison avec Christine Boutin», devraient être connues à la fin janvier et avoir comme objectif de préciser l’engagement de Nicolas Sarkozy en faveur d’un «droit opposable au logement».

«On a pas oublié les propos de Cachan»

Les premières réactions des acteurs de la lutte contre l’exclusion sociale sont plutôt mitigées. Le «Droit au logement» (DAL) se dit «dubitatif, parce qu’on a pas oublié les propos de Sarkozy au moment de Cachan, et aussi parce que dans ses divers mandats, il n’a pas tellement réussi en matière de logement social».

De son côté, le «Haut comité pour le logement des défavorisés» s’interroge sur la nature juridique du «droit à l’hébergement» proposé par le président de l’UMP. «Cela impliquerait un vrai droit avec recours possible devant les tribunaux. Or l’hébergement doit concerner tout le monde, y compris sans titre de séjour».