Le spectre de la violence scolaire ressurgit

— 

La mort de Carl a inévitablement fait ressurgir le spectre de la violence scolaire. Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien a prôné la «tolérance zéro qui doit s'appliquer contre toutes les formes de violence, y compris verbale». Le syndicat lycéen Fidl a expliqué dans un communiqué que «depuis plusieurs années et particulièrement depuis un an, la Fidl ne cess(ait) d'alerter les pouvoirs publics sur le danger que représente la violence scolaire». La FCPE (fédération de parents d'élèves) et le SNES, principal syndicat d'enseignants du secondaire, ont dénoncé le «manque de moyens», responsable selon eux d'un manque d'encadrement des élèves.

Ces syndicats n’ont-ils pas tiré la sonnette d’alarme un peu tôt alors que les premiers résultats de l’autopsie ont finalement montré que les coups n’étaient pas la cause de la mort ? « Non, répond à 20minutes.fr le secrétaire national du SNES, Daniel Robin. Si le lien n’est pas direct, reste que des éléments de tension se développent dans les collèges. Nous voulions exprimer notre inquiétude profonde sur les risques d’aggravation de la violence et sur les mécanismes de sa banalisation ».

En visite dans l'établissement, le maire de Meaux et porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a appelé à «éviter l'amalgame entre le manque de moyen et la tragédie». Il a rappelé que le collège, situé dans une zone sensible du quartier de Beauval, avait reçu récemment des moyens supplémentaires dans le cadre du projet «ambition-réussite».

«Il ne faut pas faire d'amalgame par rapport à la question des moyens», a-t-il déclaré au micro de RTL. «Je ne suis pas certain qu'il y ait un lien entre ce qui s'est passé hier et le problème plus général des moyens». Pour le ministre délégué au Budget et porte-parole du gouvernement, il s'agit plus de «la réflexion que nous devons avoir sur la violence».

«Je crois que la présence adulte dans les collèges a fait l'objet d'une grande dégradation avec la suppression des emplois jeunes», a estimé au contraire Ségolène Royal. «Il va falloir réinventer un nouveau métier d'encadrement dans les collèges pour épauler les enseignants et pour être plus près des élèves pour que ces drames abominables ne puissent pas exister», a ajouté la candidate socialiste à l'élection présidentielle.