Johnny installé à Gstaad l'impôt léger

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La Cour de cassation a donné raison mercredi à Universal Music, en rejetant la demande de Johnny Hallyday qui souhaitait récupérer la propriété des bandes originales de ses chansons enregistrées alors qu'il était sous contrat avec la maison de disques.
La Cour de cassation a donné raison mercredi à Universal Music, en rejetant la demande de Johnny Hallyday qui souhaitait récupérer la propriété des bandes originales de ses chansons enregistrées alors qu'il était sous contrat avec la maison de disques. — Mehdi Fedouach AFP

Le rocker français entame ce matin sa 3e journée de contribuable suisse. Hier, des ouvriers mettaient encore la dernière touche à son chalet cossu situé sur les hauteurs de la très huppée station de Gstaad. C'est pour y passer des vacances que Johnny Hallyday a acheté il y a un an cette résidence 1,5 million d'euros, puis a investi la même somme pour sa rénovation. Mais c'est en contribuable français excédé qu'il en a pris possession.

Car la Suisse sait accueillir ceux qui fuient un fisc jugé trop gourmand. Environ 1 500 Français bénéficieraient d'un « forfait fiscal » concocté par le canton dans lequel est située leur résidence principale. Calculé sur le « train de vie » (voir encadré), il exclut le montant des revenus de l'assiette de l'impôt. Intéressant quand, comme Johnny l'a déclaré dans Paris Match, on reverse 70 % de ses revenus au fisc. « Il devrait désormais payer environ 200 000 francs suisses d'impôts par an [125 000 e] », estime un fiscaliste, qui négocie ces forfaits fiscaux pour de riches étrangers. Seule obligation : résider la moitié de l'année en Suisse. Une contrainte théorique puisque les contrôles n'ont lieu qu'en cas d'absence prolongée et manifeste (relayée par les médias, par exemple) du territoire helvète. En cas de fraude, c'est l'expulsion immédiate.

Johnny reprend sa tournée dès la mi-janvier et, hormis de brefs séjours, ne devrait pas y séjourner avant la fonte des neiges au printemps. Dans la rue principale de la station, jalonnée de magasins de montres et de vêtements de luxe, ce déménagement n'intéresse pas grand monde. De la cinquantenaire à manteau de fourrure à l'artisan ou commerçant, les maîtres mots sont « discrétion » et « respect de la vie privée ». « Nous avons besoin de ces gens-là pour vivre », explique une habitante.

A Gstaad (Suisse), Marine Jobert

Le « forfait fiscal » suisse cherche à refléter le « train de vie » du contribuable. Il n'est pas calculé en fonction des revenus mais de la valeur locative de la résidence principale.