Patricia Augustin: «L'éducation est l'affaire de tous les adultes»

Patricia Augustin Secrétaire confédérale de la Confédération syndicale des familles (CSF)

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Patricia Augustin - Secrétaire confédérale de la Confédération syndicale des familles (CSF).

Pour les Français, la valeur qui mérite d'être le plus défendue est le savoir-vivre. Cela conforte vos impressions de terrain ?

Absolument, ça correspond à l'air du temps. Les gens, y compris les jeunes, réclament de plus en plus de savoir-vivre parce qu'on a l'impression qu'il y a plus d'incivilités.

Quelles attitudes suscitent le plus de réprobation ?

Des attitudes toutes simples, comme l'impolitesse verbale, le fait de ne pas céder sa place dans le métro et le manque de respect. Votre sondage place en deuxième position le respect des personnes âgées, ce qui va dans le même sens.

La transmission de ces valeurs relève-t-elle uniquement de la sphère familiale ?

Non. A la CSF nous avons l'habitude de dire qu'il faut un village pour éduquer un enfant. Les parents ont une place de choix, mais l'éducation est l'affaire de tous les adultes. Si un enfant est impoli, un adulte qui assiste à la scène se doit d'intervenir, même s'il ne le connaît pas. Mais aujourd'hui, on n'ose plus. Par peur, et parce que beaucoup de parents ne veulent pas qu'une tierce personne se permette de faire des remarques à leur enfant. Parfois même si cette tierce personne est un enseignant.

Les autorités ont-elles aussi un rôle à jouer ?

Bien sûr. On peut très bien mener des campagnes de sensibilisation. A la CSF, nous déplorons aussi que l'Etat ne subventionne plus suffisamment des associations d'aides aux parents, qui ont une action très positive dans les quartiers populaires. L'Education nationale a aussi un rôle à jouer. Quand j'étais élève, nous avions des cours de morale, avec une phrase du jour, et ça ne m'a fait aucun mal.

Recueilli par Stéphane Colineau