Juppé éclipsé par Sarkozy et Alliot-Marie

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La chambre électorale du tribunal d'instance de Bordeaux a examiné lundi la demande de cinq électeurs bordelais qui contestent la réinscription de l'ancien Premier ministre Alain Juppé sur les listes électorales.
La chambre électorale du tribunal d'instance de Bordeaux a examiné lundi la demande de cinq électeurs bordelais qui contestent la réinscription de l'ancien Premier ministre Alain Juppé sur les listes électorales. — David Boily AFP/Archives

«Alain, tu as raison.» Voilà les mots qui ont rythmé à plusieurs reprises le discours de Nicolas Sarkozy hier soir, lors du troisième et dernier débat de pré-campagne électorale organisé par l’UMP.

L’hôte de la soirée, Alain Juppé, y prononçait son premier discours officiel devant les membres du parti depuis son retour d’exil au Québec. Il avait d’ailleurs tenu à ce que Bordeaux soit choisi pour accueillir ce rendez-vous.

Ce n’était pourtant pas lui la star de la soirée, mais bien les deux candidats à la candidature, Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie, arrivés loin devant Juppé à l’applaudimètre. Ce n’est d’ailleurs pas à la tribune, aux côtés des autres intervenants de la soirée, mais dans la salle, au premier rang, que le maire de Bordeaux a pris place dès la fin de son discours d’ouverture.

Spectateur plus que participant du débat, il a quand même rappelé la nécessité pour le parti de se rassembler autour d’un candidat unique, et développé «les messages» qu’il souhaite voir marquer la campagne électorale : la mondialisation à humaniser, l’urgence écologique, le respect de la diversité et la lutte contre le fanatisme, la relance d’un vrai projet politique pour l’Europe.

Si le chiraquien Alain Juppé a bien pris garde de ne pas exprimer de préférence entre les deux candidats déclarés, Nicolas Sarkozy, lui, n’a pas lésiné sur les hommages à «Alain». «Alain Juppé est une voix politique qui compte et qui jouera un rôle dans les mois à venir et plus tard», a-t-il assuré entre deux éloges.

Enfin, alors qu’Alain Juppé avait invité les intervenants à revenir à Bordeaux quand «ils auront plus de temps libre», Nicolas Sarkozy lui a répondu par une de ces petites phrases qu’il affectionne : «Je veux revenir plus tard, que j’ai du temps libre ou pas.»

A Bordeaux, Sophie Lemaire

Pique « Les français sont un peuple de bon sens, les paillettes ne les impressionnent pas longtemps. Ils veulent du fond autant que de la forme », a déclaré Alain Juppé, référence implicite à la candidate socialiste à l’élection présidentielle.