Braouezec, « en colère », ne soutiendra pas Buffet à la présidentielle

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Des élus de Seine-Saint-Denis vont remettre jeudi au Garde des Sceaux Pascal Clément "un cahier de doléances" et demander au gouvernement de "passer au concret" face aux "manques criants" de ce département, a annoncé sur France Inter le député communiste Patrick Braouezec.
Des élus de Seine-Saint-Denis vont remettre jeudi au Garde des Sceaux Pascal Clément "un cahier de doléances" et demander au gouvernement de "passer au concret" face aux "manques criants" de ce département, a annoncé sur France Inter le député communiste Patrick Braouezec. — Joël Saget AFP/Archives

Il est en « colère » et n’hésite pas à le dire. Pour Patrick Braouezec, député PCF et partisan d’une candidature antilibérale unique, le vote des militants communistes qui ont choisi Marie-George Buffet comme candidate à la présidentielle est « décevant » et risque « d’acter l’isolement du parti communiste qui va connaître sans doute un nouveau déclin » en avril 2007.

Pas question donc de compter sur lui pour soutenir la secrétaire nationale du PCF lors de la campagne présidentielle. « Je ne ferai rien ni pour ni contre aucun des candidats », affirme-t-il, amer, pronostiquant que « personne ne prendra le risque de poser une nouvelle candidature en plus d’Olivier Besancenot qui a désormais les coudées franches ». Une posture qu’il avait déjà adoptée en 1995 et en 2002, lors des précédents scrutins.

Quant à une éventuelle candidature du communiste Francis Wurtz, député européen, dont Patrick Braouezec était un partisan, « le débat est clos », le PCF n’allant pas revenir sur son vote.

L’horizon pour l’élu de Seine-Saint-Denis se porte désormais sur les législatives puisqu’il tentera de porter la dynamique du rassemblement antilibéral en se présentant à sa propre succession dans sa circonscription. « Lors de la campagne pour la législative, mes propositions ne seront pas trop différentes sur le fond de celles de Marie-George Buffet. Indirectement, je ferai donc campagne pour elle », tente-t-il de se convaincre.

S’il ne sait pas ce qu’il va faire précisément dans les semaines qui viennent – il veut d’abord « se laisser le temps de digérer cette amertume » - Patrick Braouezec a une certitude : « Il va falloir continuer de travailler avec les comités antilibéraux, leur donner une perspective ». Et de conclure : « On est au début de quelque chose qui n’est pas mort ».

Alexandre Sulzer