Villepin, simple témoin de l'imbroglio Clearstream

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Le Premier ministre Dominique de Villepin est convoqué jeudi comme "témoin" par les deux juges d'instruction qui enquêtent sur Clearstream, une audition très attendue dans cette affaire de manipulation calomnieuse qui a atteint le sommet de l'Etat.
Le Premier ministre Dominique de Villepin est convoqué jeudi comme "témoin" par les deux juges d'instruction qui enquêtent sur Clearstream, une audition très attendue dans cette affaire de manipulation calomnieuse qui a atteint le sommet de l'Etat. — Patrick Kovarik AFP

L'audition que tout le monde attend. Dominique de Villepin est convoqué aujourd'hui, en qualité de simple témoin dans l'affaire Clearstream, par les deux juges d'instruction en charge du volet « dénonciation calomnieuse » de ce dossier. Cette audition au pôle financier du tribunal de Paris, pour laquelle le Premier ministre ne sera pas assisté d'un avocat, devrait durer de longues heures. Le Premier ministre a toujours démenti toute implication dans ce dossier et a fortiori toute tentative de déstabilisation de Nicolas Sarkozy, qui était visé dans les faux listings bancaires de l'organisme financier luxembourgeois Clearstream. Ces faux listings envoyés anonymement à la justice mettaient en cause plusieurs personnalités pour avoir touché des pots-de-vin dans la vente de frégates à Taïwan en 1991.

Beaucoup de questions mériteront une réponse : pourquoi a-t-il ainsi confié lors d'une réunion le 9 janvier 2004 au Quai d'Orsay une enquête secrète au général Philippe Rondot, qui ne dépendait pas de son ministère et ce en présence de son ami Jean-Louis Gergorin, le « corbeau » dans cette affaire ? Pourquoi n'a-t-il pas prévenu Nicolas Sarkozy qu'il figurait sur ces listings ? Ou encore pourquoi ne pas avoir saisi la justice ?

En choisissant le statut de simple témoin, les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont signifié qu'ils ne disposaient pas d'éléments à charge contre le Premier ministre. En revanche, cela ne les empêchera pas de reconvoquer Dominique de Villepin plus tard comme mis en examen.