Royal s’essaie à l’écoute des Français

A Strasbourg, Ludovic Meignin

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Ségolène Royal a inauguré hier soir à Illkirch-Graffenstaden (Alsace), seule municipalité socialiste de la communauté urbaine de Strasbourg, une nouvelle forme de débat de campagne présidentielle. Anecdotique, sans doute, mais symptomatique, les organisateurs ont mis en place une traduction pour les sourds-muets et une garderie pour les enfants.
 
Au-delà, à l’inverse de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal ne dira que quelques mots en arrivant dans la salle, fustigeant «cinq années d’un pouvoir de droite» à l’origine des souffrances de la France. La candidate socialiste s’est ensuite assise au premier rang pour écouter les témoignages des 1500 personnes venues participer au débat.
 
Les interventions des salariés, syndicalistes et chefs d’entreprise font resurgir les thèmes majeurs de cette campagne: l’emploi, le pouvoir d’achat et la justice sociale surtout. Même la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), où les incidents se multiplient, s’est soudain invitée dans le débat.
 
La démocratie participative fait parfois un peu brouillon. Mais, lorsque Ségolène Royal prend la parole, la salle s’anime soudain. Pour la candidate : «Il n’y a aucune fatalité. Avec vous, je veux construire la France qui se bat et qui se relève.» Le thème cher à son concurrent direct de «la France qui souffre» n’est pas laissé de côté par Royal. «Dans la France d’aujourd’hui, certains maîtrisent leur destin alors que d’autres se perdent, explique-t-elle. Je veux mettre un terme à cette situation. Je veux une puissance publique qui sécurise, qui protège et qui accompagne.» Car il est «intolérable, souligne la candidate, que dans la 5ème puissance mondiale, il y ait encore des travailleurs pauvres». Les entreprises sont prévenues. Si Ségolène Royal est élue, «elles pourront continuer à percevoir des aides publiques, mais si elles délocalisent, ces aides seront récupérables».