Le GSPC, affilié à Al-Qaïda, actif en Algérie et dans le Sahel

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Le Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), qui a revendiqué l'attentat anti-américain de dimanche près d'Alger, s'est récemment affilié à Al-Qaïda et mène des opérations terroristes en Algérie et dans la zone du Sahel.
Dans un communiqué mis en ligne sur un site islamiste, le GSPC affirme que "les moujahidine ont mené dimanche une attaque à la bombe contre un bus transportant au moins 20 croisés", à Bouchaoui (ouest d'Alger), qui à fait, selon les autorités algériennes un mort et neuf blessés, dont huit étrangers.
Pour les services de renseignement français, le GSPC compte de 500 à 800 hommes qui agissent en Algérie et dans la zone du Sahel, en Mauritanie, au Mali et au Niger, un espace "mal contrôlé" par les gouvernements de ces pays qui "ont une faible coopération" pour lutter contre le terrorisme.

Mouvement sunnite, né en 1998 d'une scission avec le Groupe islamique armé (GIA), le GSPC, dont le ralliement à Al-Qaïda a été officiellement annoncé le 11 septembre par Ayman Al-Zawahiri, numéro deux de la nébuleuse terroriste, est le seul groupe terroriste actif en Algérie après le démantèlement du GIA.
Pourchassé par l'armée algérienne, notamment en Kabylie (est d'Alger), sa région d'origine depuis laquelle il mène des actions de guérilla urbaine, le GSPC, selon les services de renseignement français, s'est progressivement redéployé à partir de 2003 dans le nord du Mali.
Le GSPC dispose dans cette zone de camps nomades à partir desquels il mène des raids, souvent de plusieurs centaines de km, avec une dizaine de 4X4 équipés de mitrailleuses, précise-t-on de même source. Le GSPC, ajoute-t-on, bénéficie de complicités avec les populations locales et des trafiquants pour l'achat de ses vivres et de son carburant.
Une opération revendiquée par le GSPC avait été menée en juin 2005 contre une base militaire mauritanienne, près des frontières du Mali et de l'Algérie, durant laquelle 15 militaires mauritaniens ont été tués.

Selon les services de renseignement français, la "médiatisation" qui vient d'être donnée au GSPC par son affiliation à Al-Qaïda et la "pauvreté" de cette zone du Sahel sont un "terreau favorable" au développement de l'islamisme radical.
Début novembre, les services secrets ont prévenu le gouvernement de menaces du GSPC contre la France et suggéré une modification du tracé du rallye-raid Dakar 2007 en supprimant l'étape aller-retour entre Néma (Mauritanie) et Tombouctou (Mali), prévue les 15 et 16 janvier, zone où le GSPC opère.