Les sports d'hiver menacés par le réchauffement climatique

avec AFP

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Les stations de sports d'hiver des Alpes françaises ont rarement eu aussi chaud durant un automne et manquent cruellement de neige en ce début décembre mais elles gardent leur sang-froid et attendent des jours meilleurs d'ici aux juteuses vacances de fin d'année.
Les stations de sports d'hiver des Alpes françaises ont rarement eu aussi chaud durant un automne et manquent cruellement de neige en ce début décembre mais elles gardent leur sang-froid et attendent des jours meilleurs d'ici aux juteuses vacances de fin d'année. — Jean-Pierre Clatot AFP

Les premiers flocons tardifs sur les alpes françaises et l’absence de neige sur les cimes autrichiennes n’inquiètent pas les professionnels, habitués aux caprices de la météo ici ou . Pour l’instant. Car à en croire l'OCDE, les patrons des stations feraient bien de se préparer à avenir moins blanc. Les changements climatiques «remettent gravement en question la fiabilité de l'enneigement» dans les stations de ski des pays alpins en Europe, pour lesquels le tourisme d'hiver est une «activité essentielle», indique l'Organisation de coopération et de développement économiques dans une étude.

Actuellement, on considère que 90% des domaines skiables alpins de moyenne ou grande taille, soit 599 domaines sur 666, bénéficient d'un enneigement naturel suffisant (30 cm de neige) pendant au moins 100 jours par an, relèvent les auteurs. Les 10% restants sont déjà soumis à des «conditions précaires». «Une hausse de la température de 1°C, de 2°C ou de 4°C à l'avenir pourrait ramener le nombre de domaines skiables jouissant d'un enneigement fiable à 500, 400 ou 200 respectivement», prévient l'OCDE.

Parmi les cinq pays étudiés, c'est l'Allemagne qui est «le pays le plus vulnérable»: un réchauffement de 1°C y entraînerait une baisse de 60% du nombre de domaines skiables bénéficiant d'un «enneigement naturel fiable». L'Autriche, où la moitié des revenus du secteur touristique, soit 4,5% de l'économie nationale, provient du tourisme d'hiver, «est légèrement plus sensible que la moyenne». La France est «proche de cette moyenne» et l'Italie «légèrement au-dessus».

Reste la solution, à double tranchant, la neige artificielle. Si elle peut être «rentable» pour les stations, elle «consomme beaucoup d'eau et d'énergie, et a une incidence sur les paysages et les écosystèmes».