Controverses sur le disparu de Nantes

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La disparition de Taoufik el-Amri continue de faire des vagues. Le procureur de la République de Nantes a donné hier raison aux trois policiers sur l'heure de l'interpellation, controversée, de cet ouvrier tunisien le 22 novembre dernier dans le centre-ville de Nantes. L'homme, qui revenait d'une soirée arrosée avec deux collègues, n'a plus donné signe de vie depuis. Les recherches menées samedi dans la Loire n'ont rien donné, tout comme celles effectuées dans les hôpitaux et les foyers de la région. Son téléphone portable est resté muet, et sa carte bancaire n'a pas été utilisée.

Les déclarations du procureur, qui avait fait ouvrir le 5 décembre une information judiciaire pour « disparition inquiétante », interviennent après celles des collègues du disparu, entendus vendredi pendant plus de cinq heures par la PJ. Au cours de leur audition, plusieurs points de controverse sont apparus avec la version des policiers, notamment sur l'heure de l'interpellation et l'état d'ébriété de Taoufik el-Amri. Un autre témoin de l'arrestation a également indiqué vendredi avoir vu l'ouvrier tunisien monter dans le fourgon de police. Mais ne l'a pas vu en redescendre, contrairement à ce qui avait été affirmé dans un premier temps.

De son côté, Nicolas Sarkozy avait annoncé vendredi, en marge d'un déplacement dans la Somme, « avoir demandé un rapport à l'IGPN ». L'inspection générale de la police nationale, surnommée la « police des polices », a dépêché deux de ses hommes samedi à Nantes. Ils devraient y rester une « petite semaine », estimait hier un policier nantais.

A Nantes, Guillaume Frouin