Interview : Jean-Luc Romero, nouveau secrétaire national de l’UMP, revient sur son « outing »

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Le jugement concernant le magazine e.m@ale, qui avait annoncé, pendant la campagne des municipales de 2001, votre homosexualité doit être rendu aujourd’hui. Quel impact a eu cet « outing » ? Jean-Luc Romero : Les premiers temps ont été durs. Ce ne sont pas des choses que l’on dit comme ça. J’avais prévu de faire l’annonce moi-même un mois plus tard. Cela aurait été beaucoup moins violent, et surtout, j’aurais eu le temps d’en parler avec ma mère. Elle a été très ébranlée. Politiquement, j’ai été marginalisé pendant deux ans. J’ai dû me retirer de la campagne des municipales : je n’étais plus du goût d’une partie de la droite et, même pour certaines personnes de gauche, j’étais devenu une sorte de pédé honteux. Pourtant, j’étais un des premiers à participer à la Gay Pride, à soutenir le Pacs. Les effets de cette annonce sont-ils encore perceptibles ? Il y a toute une frange de la droite qui me vomit presque, qui n’accepte pas ce que je suis. D’un autre côté, les gays de la gauche caviar ne m’acceptent pas non plus. Cela aurait pu changer lorsque j’ai rendu public ma séropositivité, mais le magazine Têtu s’est acharné sur moi, considérant que je vendais ma maladie. C’est un combat personnel que j’ai rendu collectif. Entre les deux associations que j’ai créées, je passe deux jours par semaine sur le terrain. Je n’ai pas attendu que l’on parle de mon homosexualité pour agir. Vous avez été nommé secrétaire national de l’UMP en février. Cette décision marque-t-elle la fin de votre mise à l’écart politique ? Alain Juppé m’a confié la rédaction d’un rapport sur le sida. Je crois que ce rapport, ainsi que mon livre *, feront figure de tests. Cette histoire m’aura peut-être rendu plus crédible. Il y a des jours où je me décourage. Mais si l’on me critique, c’est que mon combat gêne. Alors, je continue. Recueilli par Sonia de Sousa * Lettre à une droite maladroite, éditions Ramsay.