«L’accompagnement des enfants handicapés à l’école se dégrade»

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Interview de Marc Douaire, secrétaire national du Sgen-CFDT, syndicat d’enseignants

 

Qu’a instauré la loi du 11 février 2005 «pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées»?

Elle a notamment créé les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), une sorte de guichet unique qui regroupe, par département, les anciennes Commissions départementales de l’éducation spéciale (CDES) et Cotorep (Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel). Mais c’est un bazar pas possible. Les familles sont moins bien accueillies que dans les anciennes structures car il y a peu de personnel dédié et les dossiers s’entassent.

Quel est le rôle de ces maisons du handicap?

Etablir un projet personnalisé pour la scolarisation de chaque enfant souffrant d’un handicap. Il faut déterminer s’il va en classe spécialisée ou en classe traditionnelle, s’il a besoin d’un accompagnement à mi-temps ou à plein temps… Un enseignant référent doit être désigné pour le suivre pendant toute sa scolarité obligatoire. Mais là encore, c’est un échec, ces personnes n’étant pas assez nombreuses et pas forcément détachées de l’enseignement. Or, il faut une très grande disponibilité pour ce genre de mission.

Qu’en est-il justement de l’accompagnement en classe des enfants handicapés?

Ça se dégrade. Les assistants de vie scolaire (AVS) créés par la loi d’avril 2003 sont en voie de disparition dans les écoles élémentaires. Ils sont peu à peu remplacés par les Emplois vie scolaire, qui ont vu le jour avec la loi de Cohésion sociale de Jean-Louis Borloo en janvier 2005. Ces nouveaux contrats d’insertion sont beaucoup plus précaires. Les personnes travaillent six à dix mois maximum avec les élèves puis sont remplacées. Elles n’ont aucune qualification, contrairement aux AVS, qui bénéficient de 100 heures de formation et disposent d’un niveau bac minimum.

Pourquoi ce changement de statut ?

Cela arrange le ministère de l’Education nationale, qui ne prend pas en charge ces nouveaux assistants, payés par le budget de la solidarité. C’est le vrai problème de la loi du 11 février 2005. Elle en est restée aux grands principes et n’a pas fait l’objet d’une véritable prise en charge interministérielle.

Propos recueillis par Catherine Fournier