Les Français souhaitent une parité en douceur

©2006 20 minutes

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Plutôt que de considérer les femmes comme l'avenir de l'homme, ne faudrait-il pas commencer par les considérer tout court ? En leur assurant enfin l'égalité de traitement dans la sphère privée comme dans la sphère publique.

C'est sur ce sujet que le Manifeste 2007 20 Minutes-RMC-LH2 (lire ci-dessous) s'est penché cette semaine. Première question posée par notre sondage : que faire en priorité pour promouvoir l'égalité hommes-femmes dans l'entreprise? D'abord « inciter les entreprises à accorder des salaires équivalents aux femmes et aux hommes », répond une grande majorité de Français (76 %). L'idée d'imposer des quotas de femmes dans les instances dirigeantes des entreprises, comme le fait la Norvège, s'avère en revanche bien moins populaire (20 %). « Ce qui apparaît dans ces réponses, c'est une envie forte de pouvoir d'achat et de justice sociale, couplée avec un refus des règlements contraignants comme les quotas », analyse François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2.

« Les Français sont attachés à la notion d'égalité et ne veulent pas que la donne soit faussée en dépit des grandes inégalités que l'on constate », renchérit Louis Maurin, de l'Observatoire des inégalités (lire ci-dessous). De fait, l'analyse détaillée des réponses des sondés montre que les femmes elles-mêmes sont hostiles aux quotas.

La seconde question posée par le Manifeste 2007 porte sur la parité en politique. Quatre Français sur dix considèrent que les pénalités financières imposées aux partis politiques irrespectueux de la parité hommes-femmes « doivent être maintenues en l'état ». La même proportion estime que ces sanctions « doivent être renforcées ». Pour François Miquet-Marty, « ces réponses traduisent avant tout la défiance des Français vis-à-vis des partis politiques. Ils ne leur font pas confiance pour appliquer d'eux-mêmes la parité. »

Comment leur donner tort ? L'UMP préfère verser 4 millions d'euros par an de pénalité et le PS 1,5 million plutôt que d'appliquer la parité. Car seulement 12 % des députés et 17 % des sénateurs sont des femmes. Pire, le pays ne compte qu'une seule présidente de région. Qui, il est vrai, fait plus parler d'elle que les vingt et un alter ego réunis.

Stéphane Colineau