Louis Maurin : «La situation s'est améliorée, mais on stagne»

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Interview de Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités

Quel constat dressez-vous de l'égalité hommes-femmes dans l'entreprise ?

Les inégalités, notamment salariales, restent extrêmement importantes. L'écart moyen de salaire entre hommes et femmes s'élève à 40 %. Il s'explique pour moitié par le fait que les femmes sont beaucoup plus nombreuses à travailler à temps partiel. Mais même à temps égal, à qualification et à ancienneté égales, il reste un écart de 5 %.

Ces écarts tendent-ils à se résorber ou à s'aggraver ?

Par rapport aux années 1950, la situation s'est considérablement améliorée. Il ne faut donc pas dramatiser. En revanche, sur les dix dernières années, on stagne.

Selon vous, quelles mesures peuvent être efficaces ?

S'attaquer au temps partiel subi, en faisant en sorte que les temps pleins qui se libèrent soient d'abord proposés aux salariés à temps partiel de l'entreprise. Combattre les inégalités d'orientation à l'école entre filles et garçons.

Vous avez épinglé l'assureur Axa qui a pourtant obtenu le label égalité. Pourquoi ?

D'une manière générale, on constate un fossé entre le discours et les actes des entreprises. Pour Axa, un des éléments qui lui a permis d'obtenir le label égalité est l'attribution de 250 000 e par an sur trois ans pour combler les écarts de salaire entre hommes et femmes. Mais on est très loin du compte. Cette somme ne représente que 44 e par femme et par an. En outre, ces 250 000 e ne représentent que 0,001 % du chiffre d'affaires d'Axa et seulement un dixième des stock-options versées au président du directoire en 2005.

Recueilli par S. C.