Le Samu social plombé par l'hébergement

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Un rapport de la Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France critique certains aspects de la gestion du Samu social de Paris, pointant notamment le poids de ses dépenses hôtelières, qui grèvent son budget faute de structures adaptées.

Selon ce document de 72 pages sur les années 2000 à 2004, évoqué lundi par France Info et publié le 15 novembre, les dépenses du Samu social de Paris ont atteint 38 millions d'euros en 2004, dont 24 consacrés à l'hébergement en hôtel de plus de 3.000 adultes. Le Samu social a indiqué par ailleurs à l'AFP que les dépenses hôtelières atteignaient déjà 37 millions en 2006.

"Le Samu social de Paris avait pour mission initiale de prendre en charge les personnes sans abri, les traditionnels clochards. Mais l'accroissement des demandes émanant des familles d'origine étrangère (...) a profondément modifié le profil des personnes qui s'adressent à lui", note le rapport.

Faute d'hébergement adapté, le Samu social a dû s'adresser à quelque 150 hôtels. Or ces établissements offrent des "prestations médiocres" pour un "coût élevé" (jusqu'à 2040 euros par mois pour une famille de quatre personnes, selon le rapport) tandis que la durée moyenne d'hébergement des familles n'a cessé d'augmenter (quatre mois en 2004, cinq en 2006, selon le Samu social).
En 2004, le Samu social de Paris a par ailleurs délégué la recherche de nouveaux hôtels à trois prestataires privés. Sur la base des chiffres de janvier et février 2004, il a dû payer à deux de ces intermédiaires 383.000 euros au titre de leur marge commerciale, selon le rapport.

De ce fait, la chambre régionale note "un bilan insatisfaisant". Elle relève toutefois que "le Samu social de Paris assume une mission - l'hébergement des familles en situation irrégulière - qui ne relève pas de sa compétence première. Il colmate les brèches au mieux, sans que les administrations de tutelle ne soient véritablement saisies du problème".