Report du match PSG-Toulouse

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Trente supporteurs du Paris-SG (L1 de football) seront interdits de stade "dès dimanche", le Conseil d'Etat ayant donné mardi son accord à un décret d'application permettant aux préfets de prendre une telle mesure, a indiqué mercredi à l'Assemblée nationale Nicolas Sarkozy.
Trente supporteurs du Paris-SG (L1 de football) seront interdits de stade "dès dimanche", le Conseil d'Etat ayant donné mardi son accord à un décret d'application permettant aux préfets de prendre une telle mesure, a indiqué mercredi à l'Assemblée nationale Nicolas Sarkozy. — Pascal Pavani AFP/Archives

Triste première dans l’histoire du foot. Après avoir envisagé de doubler la mobilisation policière pour le match PSG-Toulouse, prévu dimanche après-midi au parc des Princes, la préfecture de police a finalement décidé vendredi soir de le reporter. Du jamais vu inspiré par la crainte de ne pas contrôler une situation à hauts risques.

Ce match devait être le premier au Parc depuis la mort la semaine dernière d'un supporter du club parisien tué par balle par un policier.

L'annulation de la rencontre a été scellée lors d'une réunion à la préfecture de police vendredi soir regroupant, autour du préfet de police Pierre Mutz, des représentants du monde du football, des associations de supporteurs et des fonctionnaires de police.

Mardi la préfecture avait annoncé un dispositif «exceptionnellement important» fort de plus de 1.200 fonctionnaires avant de le porter vendredi soir à 2.500, soit 500 policiers de plus que pour un choc des frères ennemis PSG-OM.

Mais les risques demeurant, le principe de précaution a prévalu alors que les renseignements généraux évoquaient «de très hauts risques à l'ordre public» dont les policiers eux-mêmes pourraient être les victimes.

L'attitude du kop de Boulogne constituait notamment une menace après la fermeture, décidée mardi, de la tribune Boulogne rouge. Le kop semblait décider à demander à ses membres de rester à l'extérieur du stade avec le risque d'un renfort des ultras de la tribune Auteuil.

Selon une source proche du dossier, «en fait ce qui a fait basculer» la décision, «c'est les révélations concernant le passé de Granomort. Ce que les flics craignaient c'était une chasse aux flics». Ce dernier sera en effet jugé en juin pour escroquerie.

L’annonce du report du match a été plutôt bien accueillie. Michel Lepoix, responsable pour la sécurité du football au ministère de l'Intérieur, a parlé «d’une sage décision», car «toutes les conditions n'étaient effectivement pas réunies pour que ce match puisse avoir lieu».

Christophe Uldry, président des supras Auteuil a déclaré: «Je pense que c'est la meilleure des solutions».

Jean-Philippe D'Hallivilée, responsable de la sécurité du PSG, a expliqué: «Nous ce qu'on souhaite surtout, c'est un retour au calme» et cette décision «va dans le sens de l'apaisement dans un premier temps».

Le PSG s'est contenté, dans un communiqué, de prendre «acte de la décision de la préfecture». Olivier Sadran, président de Toulouse, s'est dit en tant que «citoyen», «un peu écoeuré qu'on en soit arrivé là» estimant que le match aurait «peut-être pu» être joué «à huis clos».

La tension, quoi qu'il en soit, persiste avec la volonté affirmée des supporteurs du kop de Boulogne de maintenir leur marche silencieuse à la mémoire de Julien Quemener, 25 ans, tué par balle à l'issue du match PSG-Tel-Aviv par un policier qui protégeait un supporteur juif. Elle doit avoir lieu dimanche à 11h00 et pourrait rassembler jusqu'à 3.000 personnes.