Clubs et supporteurs, le match permanent

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Adoptée le 23 janvier, la loi contre le terrorisme et "portant diverses dispositions de sécurité", permet aux préfets de prononcer des interdictions administratives de stade à l'encontre des supporteurs violents, sans attendre un éventuel jugement.
Adoptée le 23 janvier, la loi contre le terrorisme et "portant diverses dispositions de sécurité", permet aux préfets de prononcer des interdictions administratives de stade à l'encontre des supporteurs violents, sans attendre un éventuel jugement. — Jean-François Monnier AFP/Archives

Un club de foot peut-il être otage de certains de ses supporteurs ? La question s'est posée après la mort de Julien Quemener, fan du PSG tué jeudi dernier par un policier. En légitime défense selon la justice, l'agent a tiré sur un groupe de supporteurs pour protéger un jeune juif victime de menaces antisémites.

Quitte à choquer, le président du club a commencé par afficher une solidarité quasi inconditionnelle avec les supporteurs. S'il est depuis revenu à plus de fermeté, Alain Cayzac a semblé enclin à ménager ses fans. Pourquoi ? Quel est le poids réel des supporteurs ? Comment s'impliquent-ils et ont-ils un pouvoir de nuisance ? Le tour des clubs réalisé par 20 Minutes montre la diversité des situations. Mais il reste des traits communs, comme l'explique un spécialiste de ces questions, le sociologue Nicolas Hourcade. « Les clubs ont besoin des supporteurs. Il leur faut un stade plein pour que leur spectacle soit crédible et des chants pour pousser leur équipe. Le soutien moral qu'apportent les supporteurs pendant les entraînements compte aussi, comme le soutien économique avec l'achat de billets et de produits dérivés. » Conscients de leur impact, les supporteurs souffrent souvent d'un manque de reconnaissance. « Les clubs ne les considèrent pas comme ils le mériteraient », juge Franck Annese, directeur du mensuel So Foot. Les dirigeants ont parfois à le regretter. « Quand plusieurs milliers de supporteurs manifestent à chaque match leur colère, c'est difficilement tenable pour une direction de club », relève Nicolas Hourcade.

S. Colineau