«C'est normal d'être consultés, le club nous appartient aussi»

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Un attaquant vedette giflé, un autre qui sollicite un entretien avec des supporteurs pour ne plus se faire siffler. Tour de France de nos reporters et tranches de vie entre fans et dirigeants de club.

Les Marseillais ne giflent plus leurs joueurs

L'Olympique de Marseille reste le seul club à confier une partie de la billetterie à neuf groupes de supporteurs. L'argent des abonnements (640 000 e par an) rend-il pour autant plus influents ces 28 000 Marseillais encartés ? « Nous avons du pouvoir seulement dans notre tribune », assure Christophe Bourguignon, président des Ultras. Depuis l'arrivée de Pape Diouf à la tête du club, le terrain d'entraînement ou le stade n'ont d'ailleurs plus été le théâtre d'intimidations.

« Le dernier incident remonte à 1999, se souvient Rachid Zeroual, vice-président des Winners. Christophe Dugarry nous avait insultés et s'était pris une gifle en retour. En 2003, nous avons aussi harcelé Marlet pour qu'il se tire. Mais aujourd'hui, notre réputation sulfureuse est infondée. »

A Marseille, Fred Azilazian

A Lyon, les résultats

aident beaucoup

Xavier Pierrot, chargé des relations avec les supporteurs à l'OL, est conscient que la situation n'a pas toujours été aussi paisible qu'aujourd'hui. « On ne peut pas nier la face sombre des Bad Gones dans le passé. Il y a quinze ans, le public ne se sentait pas toujours en sécurité au stade. Mais des leaders ont changé et d'autres ont mûri. » Des joueurs ont été pris en grippe, comme Vairelles, note le dirigeant mais « Pedretti et Carew ont été soutenus dans des périodes difficiles ».

A Lyon, Jérôme Pagalou

Les Bordelais mouillent le maillot

Réputé tranquille, le supporteur bordelais aime néanmoins se faire respecter. « On peut nous comparer à un syndicat. Quand ça va mal, on monte au créneau et on représente tous les supporteurs », explique Laurent, responsable du Virage Sud.

Dernièrement, une partie du public bordelais était remontée contre Micoud et Darcheville. Ce dernier a sollicité une entrevue avec les meneurs. « Darcheville est un joueur qui fonctionne au moral. Pendant deux heures, on a eu l'impression de faire un travail de psy », estime Laurent, qui va au centre d'entraînement à chaque fois qu'il a « quelque chose à dire à un joueur ».

A Bordeaux, Stéphane Deschamps

Les Toulousains ne sont pas toujours d'accord

Hugues Henry, directeur général du TFC, dresse un tableau idyllique, auquel le président des Indians apporte des nuances. « Les rapports sont cordiaux, explique Paul Cometto, mais nous ne sommes pas toujours d'accord et on en parle. » Les rapports s'étaient tendus en février, lorsqu'une bagarre entre fans du TFC et de Nantes avait éclaté près du stade. Les dirigeants toulousains avaient alors pointé du doigt la responsabilité des Indians.

A Toulouse, Nicolas Stival

La méthode lilloise, douce et virile

« C'est un sujet extrêmement sensible. On est dans l'humain et, si je prends parti, ça va être la merde la prochaine fois que je recevrai le PSG », prévient d'emblée Xavier Thuillot, président délégué de Lille, lorsqu'on l'interroge sur des relations pourtant apaisées. « On a une réunion mensuelle avec les supporteurs. Mais le mec qui fait le con dans un stade, dès le lendemain, il doit s'expliquer d'homme à homme avec nous ».

A Lille, Antoine Maes

A Strabourg, les supporteurs sont consultés

Président des Ultra Boys 90, Sébastien Metzger se félicite des rapports entretenus avec le RC Strasbourg. « On est souvent consulté, comme au sujet du nouveau stade. C'est normal, le club nous appartient aussi : on était là avant et on sera là après les joueurs et les dirigeants. » Même son de cloche du côté du club : « Le dialogue est permanent. » Reste « une trentaine d'individus d'extrême droite surveillés par la police ».

A Strasbourg, Jérôme Sillon

Délicat pour les Nantais

Ici, le sujet est « sensible ». La preuve, les dirigeants du FCNA et le responsable de la Brigade Loire (plus gros club de supporteurs) n'ont pas souhaité s'exprimer. « C'est délicat et on veut garder de bonnes relations », explique Romuald de la Brigade Loire. A l'intersaison, des supporteurs indépendants excédés par les résultats médiocres ont collé aux quatre coins de la ville des autocollants estampillés « Gripond, casse-toi ! » à l'intention du dirigeant honni par les supporteurs, ou encore « Le FCN meurt ! » et « Dassault [l'actionnaire majoritaire] dégage ! ». Une initiative qui n'a pas été du goût des caciques de la maison jaune. « Des pressions ont été exercées sur des groupes de supporteurs », explique un inconditionnel du FCNA.

A Nantes, David Phelippeau