Menaces et pressions, lot du PSG

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S'ils ne se sont pas (encore ?) vus confier la gestion des abonnements dans leurs tribunes respectives, contrairement à leurs rivaux marseillais, les supporteurs du PSG pèsent un poids considérable. Outre leurs fonctions « habituelles » (animations et chants dans le stade, achat de produits dérivés hors du stade pour renflouer les caisses du club, les dirigeants se trouvant donc en porte-à-faux), les membres des diverses associations, qui organisent parfois des manifestations à but caritatif, sortent souvent de leur simple rôle de supporteur.

Car l'ingérence des Ultras parisiens dans les affaires du PSG n'est plus à démontrer. Et on ne parle pas uniquement d'appels à la démission d'un entraîneur ou de pression sur des joueurs, tel Bernard Mendy agressé verbalement et physiquement au Camp des Loges, vendredi dernier. Mécontents de la politique de sécurité (contrôles d'identité, fouilles dans les locaux des associations) menée par Francis Graille et Jean-Pierre Larrue à l'hiver 2004, les virages Auteuil et Boulogne, pourtant ennemis, multiplient les coups de force conjoints, dont un déluge de fumigènes et de fusées interrompant un match face à Metz. « Graille, cette amende t'est offerte par le virage Auteuil », peut-on alors lire sur une banderole. Menacé de mort à son domicile, le président quitte son poste cinq mois plus tard. « Avec mon départ, certains ont retrouvé un sentiment d'impunité », déplorait récemment l'ex-responsable de la sécurité, parti quelques semaines après Graille. Les « supporteurs » concernés, eux, sont toujours là.

Sébastien Bordas