Sarkozy candidat de «la rupture tranquille»

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Scoop : Nicolas Sarkozy est candidat à la présidentielle. La candidature du ministre de l'Intérieur et président de l'UMP a été annoncée hier de manière rocambolesque. Elle devait être rendue publique ce matin dans une interview de l'intéressé à plusieurs journaux régionaux, à l'image de Jacques Chirac qui s'était porté candidat dans La Voix du Nord en 1995. Mais la presse régionale s'est fait voler la politesse par Libération, qui a publié hier soir en avant-première l'interview sur son site Internet.

Dans cet entretien, Sarkozy indique que sa décision a été « mûrement réfléchie ». Celui qui ne cache pas ses ambitions depuis bientôt quatre ans affirme pourtant que sa candidature « n'était pas évidente ». « C'est le choix d'une vie », explique-t-il. Détournant le slogan du rêve américain, le chef de l'UMP veut « faire de la France le pays où tout peut devenir possible ».

Concernant le cumul des mandats, le ministre-président de l'UMP- candidat refuse pour l'instant de lâcher les siens. S'il annonce qu'il ne sera « plus ministre au moment de l'élection », Sarkozy explique qu'il est encore « trop tôt » pour quitter le gouvernement. Il préfère attendre que l'UMP ait « décidé de [le] soutenir ». Un vote par Internet est prévu dans le parti pour départager les éventuels candidats – dont Michèle Alliot-Marie ou Dominique de Villepin – avec clôture du scrutin le 14 janvier 2007, date du congrès de l'UMP. Un vote qui pourrait ne pas tout régler pour autant, Jacques Chirac laissant planer le doute d'une troisième candidature au premier semestre 2007. Hier soir, Dominique de Villepin a minimisé l'impact du vote de l'UMP et ce faisant de la candidature Sarkozy, estimant qu'« une élection présidentielle, c'est la rencontre entre un homme et un peuple ».

Face à la gauche, Nicolas Sarkozy estime que « le PS a choisi l'immobilisme » en désignant Ségolène Royal. Il lâche un « je veux une rupture tranquille » aux accents mitterrandiens et reprend les propos du socialiste strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis pour railler « l'ordre juste » de Royal qui, à ses yeux, est « juste de l'ordre ».

Par rapport à Jacques Chirac, Sarkozy se fait plus offensif, souhaitant à l'avenir « un président responsable ». Un pavé dans la mare de l'immunité chiraquienne vis-à-vis des affaires. Le président fêtant hier ses 74 ans, Sarkozy lui souhaite d'« être heureux ». Pas sûr qu'une victoire du ministre en 2007 soit le cadeau rêvé pour le chef de l'Etat.

Bastien Bonnefous

Deuxième étage de la fusée médiatique, Nicolas Sarkozy doit commenter ce soir sa candidature sur France 2, dans l'émission « A vous de juger ». Il devrait y développer les futurs thèmes de sa campagne : la sécurité, l'immigration, le pouvoir d'achat et l'éducation.