Libération : un préavis de grève pour lundi

S.C. avec AFP

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Les salariés de Libération ont approuvé à une courte majorité le plan de relance proposé par leur actionnaire principal, Edouard de Rothschild, vendredi lors d'un vote "indicatif", a annoncé à l'AFP la Société des personnels de Libération (SCPL).
Les salariés de Libération ont approuvé à une courte majorité le plan de relance proposé par leur actionnaire principal, Edouard de Rothschild, vendredi lors d'un vote "indicatif", a annoncé à l'AFP la Société des personnels de Libération (SCPL). — Franck Fife AFP

Selon un document remis lundi en début de soirée aux syndicats, la direction de Libération, en proie à de graves difficultés financières, prévoit la suppression de 81 postes équivalents temps plein sur 276. Ainsi, 40 postes seraient supprimés à la rédaction écrivante, 23 à la rédaction non écrivante (édition, photo, maquette...) et 13 dans les autres services, selon une source syndicale. Le projet de restructuration propose l'ouverture d'un guichet de départs volontaires, plafonné à 15 mois d'indemnités, a précisé cette même source.

Le détail du plan:
La direction de la rédaction passe de 4 personnes à 8. Le service documentation passe de 9 à 4, la correction de 8 à 4. Le service édition tournera désormais avec moins de dix personnes. Les services France-vous-sport, qui comptaient 46 personnes auparavant, seront désormais moins de 15.
Les journalistes des rubriques Monde Terre et Sciences, seront 20 au lieu de 26 tandis de même ceux de la culture, qui était 31 à la base.
Les rubriques économie et médias compteront 5 personnes de moins sur les 16 de départ. Le prépresse fond sévèrement et ne comptera plus que 4 personnes au lieu des 12 actuellement. Enfin, le plan prévoit 4 personnes de moins à la rédaction web, tout en annonçant 5 embauches plus tard.

L'assemblée générale, débutée à 12h, a choisi d'organiser un vote à bulletin secret portant sur deux options:
- une grève immédiate
- un préavis de grève reconductible à partir du lundi 4 décembre 2006. C'est cette motion qui l'a emporté.

Une première réunion du comité d'entreprise sur le plan social est prévue vendredi. Le conseil d'administration de Libération a adopté lundi dernier à l'unanimité le plan de redressement proposé par son actionnaire principal, Edouard de Rothschild (38,8% du capital), qui prévoit l'arrivée à la tête du journal de Laurent Joffrin, qui cumulera provisoirement les fonctions de Pdg et de directeur de la rédaction.

Il prévoit également un changement des statuts de la société conduisant à l'abandon par la Société civile des personnels de Libération (deuxième actionnaire avec 18,4%) de son droit de veto sur les grandes décisions touchant le journal et un plan social, dont l'ampleur n'avait pas encore été précisée. La semaine dernière Laurent Joffrin s'était engagé à rechercher un «point intermédiaire» entre la centaine de suppressions d'emploi réclamées par Edouard de Rotschild et les 66 proposées par la SCPL. En contrepartie, l'actionnaire de «référence» s'est engagé à injecter 5 millions d'euros dans Libération et à trouver de nouveaux investisseurs à hauteur de 10 millions d'euros.

Libération, au bord du redressement judiciaire, devrait accuser en 2006 une perte de 12 millions d'euros environ.