Sebastien Turay : «Personne ne croit à un accident»

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Interview de Sebastien Turay, coauteur, avec Laurent Richard, du livre Le Bugaled-Breizh à paraître en janvier 2007 (éd. First).

Que pensez-vous de la conclusion du BEA Mer ?

Il s'agit d'une demi-surprise dans la mesure où, depuis le début de l'affaire, les autorités se sont toujours refusées à examiner toutes les hypothèses pouvant expliquer le naufrage, y compris dans l'expertise judiciaire. Il y a une volonté de rejeter, sans l'examiner, la thèse de l'implication d'un sous-marin. A tel point que, dans les heures qui ont suivi le drame, la Marine nationale a appelé les familles des victimes en leur disant qu'il n'y avait pas de sous-marin français dans la zone. De même, on a essayé de nous faire croire, en vain, qu'un navire philippin, le Seattle-Trader avait été en cause.

Quels éléments peuvent faire penser qu'un sous-marin serait impliqué ?

Comme l'a prouvé un reportage sur France 3, il y avait ce jour-là un exercice militaire sur les lieux. Cet exercice impliquait trois sous-marins, dont un submersible hollandais. Ce dernier se trouvait au moins à 8 milles du chalutier, c'est-à-dire très proche.

Et l'hypothèse de l'accrochage des filets sur un banc de sable ?

Si un navire peut chavirer à cause d'une mauvaise manoeuvre, personne ne croit à un accident de ce genre dans ce cas précis. Depuis le début, les familles et les marins parlent d'un sous-marin. Les marins étaient très expérimentés. Le chavirage n'a duré que 38 secondes, c'est trop peu pour l'accident décrit par le BEA, ils n'ont pas eu le temps de sortir les canaux de sauvetage.

Recueilli par A. S.