Ségolène sur son nuage, DSK et Fabius abattus

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Les socialistes ont trouvé leur reine. Ségolène Royal a été officiellement investie candidate du PS à la présidentielle hier, devant 1 300 adhérents réunis à la Mutualité de Paris pour un congrès extraordinaire qui a tourné au sacre politico-médiatique.

Tailleur blanc à rayures, sourire immaculé, la nouvelle championne socialiste a été ovationnée à plusieurs reprises et pendant de très longues minutes par une foule en liesse. Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, ses deux concurrents battus, n’ont eu droit qu’à quelques applaudissements polis, eux-mêmes s’en tenant au minimum syndical côté enthousiasme et ne prenant pas la parole.

Pendant près d’une heure de discours, Ségolène Royal a flotté sur un petit nuage. Malgré un couac de micro et un fond peu innovant, elle a promis la victoire à la présidentielle, déroulant calmement ses arguments de campagne. Tout y était : « l’autorité juste», « le désir d’avenir », « la vie chère », « le progrès pour tous, le respect pour chacun ». A chaque fois, la salle a exulté, au désespoir de DSK et Fabius, visiblement abattus par cette furia militante.

« Le monde a changé, la France a changé, alors la politique doit changer », a déclaré la candidate. Traduction : circulez, les ringards. Un changement d’ère perceptible dans chacune des interventions des ténors socialistes. Bertrand Delanoë, François Rebsamen ou Pierre Mauroy ont tous parlé « des militantes et des militants socialistes ». Dans cet ordre. Comme si, avec la victoire de la première d’entre elles, les femmes avaient désormais pris le pouvoir au PS.

Clôturant la fête, François Hollande, premier secrétaire du PS et compagnon de Ségolène Royal, a lancé le combat présidentiel. Rejetant « l’autocélébration », il a attaqué la droite et son bilan, et appelé Nicolas Sarkozy, candidat UMP et ministre, à démissionner du gouvernement. « La seule fête qui vaudra, ce sera au mois de mai 2007 », a-t-il prévenu. Les militants s’y voient déjà.

Bastien Bonnefous


Verbatim Régulièrement interrompue par des «Ségolène présidente» scandés par le public, la candidate Royal a appelé, dans un style néomaoïste, tous les Français de gauche à « gravir la montagne jusqu’à la victoire ». Elle a aussi repris son grand thème de la démocratie participative, invitant le PS à « écouter les Français ». Seule annonce concrète, « le premier texte » qui sera soumis au Parlement si elle est élue concernera « les violences faites aux femmes », a-t-elle promis.