Les larmes de l'accusé Agnelet

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Il a au moins le mérite de la constance. Jean-Maurice Agnelet, qui a toujours nié une quelconque responsabilité dans l'assassinat d'Agnès Le Roux, a une nouvelle fois clamé son innocence hier, au premier jour de son procès devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, à Nice.

La jeune héritière d'un des plus prestigieux casinos niçois, le Palais de la Méditerranée, a disparu en 1977 à l'âge de 29 ans sans laisser de traces. « Je suis innocent, cela fait trente ans que je suis accusé d'un crime que je n'ai pas commis », a lancé Agnelet après la lecture de l'acte d'accusation. Le président Jean-Luc Tournier lui demandait s'il reconnaissait tout ou partie des faits qui lui sont reprochés. « Monsieur le président, depuis trente ans, je clame mon innocence, depuis trente ans, je dis, et je le répéterai, que je ne sais pas ce qu'est devenue Agnès Le Roux », a poursuivi l'accusé, la voix entrecoupée par des pleurs.

Quelques minutes plus tard, l'ancien avocat, toujours élégant à 68 ans, a réitéré ses déclarations dans les mêmes termes et avec la même voix secouée de sanglots, devant les caméras et les micros qui l'attendaient à la sortie de la salle d'audience.

« J'ai le respect de la souffrance de Renée Le Roux », la mère de la victime, a ajouté Jean-Maurice Agnelet. « Tout est à charge, mais on a un mois pour s'expliquer », a-t-il dit à propos de l'acte d'accusation, l'accablant de bout en bout, bien que dénué de tout élément matériel concernant le crime.

Les larmes de l'accusé n'ont toutefois pas convaincu Renée Le Roux, qui a taxé, hors audience, l'ex-amant de sa fille de « comédien » faisant de la mise en scène. A 85 ans, la mère d'Agnès Le Roux traque depuis vingt-neuf ans celui qu'elle accuse d'avoir assassiné sa fille.

(Avec AFP)

Françoise Lausseure, ex-femme d'Agnelet, devrait faire partie de la soixantaine de témoins qui vont se succéder à la barre durant les trois semaines du procès. Elle est revenue en 1999 sur une déclaration qui fournissait un alibi à l'accusé.